Retraites : Pas de reprise des négociations avant les élections
Aucune reprise des négociations n’est prévue entre les syndicats et le gouvernement avant la fin des élections. Le gouvernement souhaite que la réforme des retraites soit opérationnelle le 1er janvier 2016. Les syndicats semblent inflexibles.
Contrairement à une information parue dans la presse de l’Istiqlal aujourd’hui, les syndicats refusent d'accepter les recommandations émises par le Conseil économique, économique et social sur le dossier de la réforme des retraites
Malgré la proximité de son syndicat avec le parti de l’Istiqlal, Kafi Cherrat, secrétaire général de l’UGTM, répond à Médias 24 en démentant toute adhésion à l’avis consultatif rendu par le CESE le 31 octobre dernier.
«Certes, nous avons quelques points de convergence avec le CESE mais si tous les syndicats ont voté contre son avis, c'est parce que c'est au final un plébiscite de la position du gouvernement».
Le seul point d'accord concerne la nécessité d'une réforme structurelle de toutes les caisses de retraite et pas seulement de la CMR (Caisse marocaine des retraites).
«Malgré nos propositions, nous n’avons pas été entendus par le CESE, je ne suis pas optimiste car plus le temps passe, plus il apparaît que Benkirane fera passer sa réforme par la force et à tout prix».
Mustapha Chenaoui, secrétaire général du syndicat CDT de la santé déclare à son tour que l’avis consultatif du CESE n’a pas à parasiter les négociations entre les syndicats et le gouvernement.
«La réforme des retraites doit se faire uniquement dans le cadre du dialogue social sans en être isolée comme essaye de le faire actuellement Abdelillah Benkirane. Les recommandations light du CESE rejoignent les positions gouvernementales en n’offrant aucune contrepartie aux efforts réclamées aux fonctionnaires (hausse de salaires, d’indemnités ou baisse du taux d’imposition)». Dans une réponse récente à une question orale au parlement, le chef du gouvernement a écarté toute possibilité de hausse des salaires dans la fonction publique.
Le CESE a préconisé de rehausser l’âge de la retraite à 63 ans à raison de 6 mois par an pendant les six prochaines années afin de prolonger la durée de contribution des affiliés au régime des pensions et de permettre aux volontaires d’opter pour le départ à la retraite à l’âge de 65 ans.
S’agissant de la proposition gouvernementale d’augmenter le taux de cotisation de 20 à 28%, le conseil recommande de ventiler cette cotisation entre 12,5% pour l’employé et 15,5% pour l’État employeur.
Face au refus des syndicats d’accepter le compromis du CESE, des sources sûres nous révèlent qu’il n’y aura aucune reprise des négociations avant le mois d’octobre prochain c’est-à-dire après les élections.
Même si l’UMT, la CDT, la FDT et l'UGTM ne manifestent aucune intention de transiger, le chef du gouvernement compte boucler sa réforme avant la fin de l’année en cours.
Qu’il le fasse en négociant ou en passant en force, la réforme devra être adoptée avant le 1e janvier prochain pour que ses incidences financières soient budgétisées dans la loi de finances 2016. C’est du moins ce qu’espère le gouvernement.