Mamoune Bouhdoud: “comment aller de l'informel à l'accélération industrielle”
Les auto-entrepreneurs font-ils partie du plan d'accélération industrielle? Entretien exclusif de Médias 24 avec Mamoune Bouhdoud, ministre chargé des Petites entreprises et de l'intégration du secteur informel.
Le ministre délégué chargé des Petites entreprises et de l'Intégration du secteur informel, Mamoune Bouhdoud, présent à l'occasion de la présentation du classement Essor1000 des PME les plus performantes, a détaillé les points et les leviers sur lesquels se basera l'accélération industrielle.
Pour le ministre, "il est nécessaire, pour impulser une réelle dynamique industrielle, de faire en sorte que l'industrie gagne 9 points du PIB Marocain... Pour y arriver, on compte sur la mise en place d'écosystèmes autour des grandes entreprises. Ces dernières joueront le rôle des locomotives pour tirer l'ensemble des entreprises du secteur vers l'excellence."
L'objectif étant de construire une base solide de fournisseurs de premier, second et troisième rang, à savoir respectivement les PME, TPE et les entrepreneurs.
A ce propos, le statut de l'auto-entrepreneur qui vise à lutter contre le secteur informel permettra d'intégrer les entrepreneurs dans les différentes dynamiques des écosystèmes. "Penser le statut d'auto-entrepreneur en dehors des écosystèmes est une bêtise!" estime Mamoune Bouhdoud, et il ajoute : "Notre objectif est de transmettre de la croissance aux tissus les plus précaires, il faut absolument les connecter à l'ensemble, en leur donnant la capacité et la possibilité de facturer, car aucune entreprise ne peut pas travailler avec un entrepreneur si ce dernier ne peut pas facturer."
Il est évident que le développement de nouveaux métiers nécessite la mise en place de nouvelles règles de fonctionnement.
"A titre d'exemple, dans le domaine des nouvelles technologie, plusieurs entreprises internationales sous-traitent au Maroc, et font appel à des entrepreneurs qui travaillent depuis chez eux, n'ont pas de bureau, mais qui doivent facturer leurs prestations" nous a déclaré Mamoune Bouhdoud.
"Les auto-entrepreneurs commencent déjà à être intégrés dans de nombreux écosystèmes, dont celui du ciment ou de la construction. Nous avons commencé les premières expériences pilotes avec eux, et nous attendons de voir les résultats."
Quoi qu'il en soit, le ministre espère, à travers ce statut, assister à l'émergence de nouvelles entreprises compétitives. "Notre principal but est que certains arrivent à se professionnaliser et à augmenter leur taille. L'auto-entreprenariat doit être l'antichambre du développement. Il faut que ceux qui réussissent puissent accéder à la catégorie des TPE, ou pourquoi pas des PME" estime le ministre, avant de conclure: "ce statut sera une réelle révolution, ce que j'ai pu obtenir, c'est que dans tous les cas, quand on est auto-entrepreneur, et même si on fait faillite, on ne risque pas de perdre son domicile. Il faut donner aux gens la possibilité d'apprendre de leurs erreurs, et de se relever."