Devant la chambre des conseillers, Khalfi défend l’interdiction du film de Ayouch
La décision de ne pas autoriser la projection de "Zine Li Fik" vient en protection de la liberté d'expression, dixit Mustapha El Khalfi.
Interpelé à la Chambre des Conseillers, Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication, rappelle la position du gouvernement concernant l’interdiction de la diffusion du film de Nabil Ayouch au Maroc.
Le ministre a rappelé quatre points :
- sur un plan cinématographique, le film avait été rejeté par la commission d’aide au cinéma, commission indépendante qui l’a jugé sur des critères artistiques et sur la base d’une présentation (scénario, …) qui ne comportait pas toutes les scènes polémiques ou litigieuses ;
- l’Etat l’a interdit pour ne pas apporter une caution ou une légitimation institutionnelles à son contenu ;
- l’Etat veut protéger l’image de la femme marocaine ;
- les conventions internationales précisent bien que la liberté d’expression est limitée par la loi.
Le ministre a souligné que son département a pris cette décision pour "protéger la liberté d'expression, qui ne veut absolument pas dire la liberté de l'absurdité et de la destruction sur le plan cinématographique".
Le ministère a pris cette décision légale après avoir mesuré l'ampleur des dommages causés à l'image du Maroc, a-t-il affirmé.
Le film en question a présenté à deux reprises une demande de soutien au comité indépendant qui a été refusée pour des raisons artistiques, a poursuivi le ministre, soulignant que les séquences du film visionnées par certains ne figuraient pas sur le scénario présenté lors de la demande d'autorisation de tournage.
Le directeur du Centre cinématographique qui a vu le film a été "surpris" de voir que le scénario présenté pour recevoir l'autorisation de tournage n'a rien à voir avec le contenu du film, a indiqué M. El Khalfi, qui a précisé que la défense de l'image du Maroc est une question nationale et non pas celle d'un seul parti ou d'une question idéologique ou politique.
Le ministère de la Communication avait annoncé que les autorités marocaines compétentes ont décidé de ne pas autoriser la projection du long-métrage "Much Loved" de Nabil Ayouch, au Maroc, vu que "le film comporte un outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine et une atteinte flagrante à l'image du Maroc".