La tour Al Noor se déplace à Tanger
La supposée "plus grande tour d’Afrique et d’Europe" ne sera plus implantée à Casablanca. Les responsables du projet ont jeté leur dévolu sur Tanger.
Nouveau tournant dans le mégaprojet de la tour Al Noor. Les responsables du projet, avec à leur tête le Sheikh Tarek Mohamed Bin Laden, PDG de la société saoudienne Middle East Development, ont décidé de changer de destination pour implanter leur tour de 540 mètres de haut et 114 étages, nécessitant une enveloppe de plus de 1,5 milliard $.
Pourquoi ce changement? Selon Amédée Santalo, concepteur de la tour et conseiller du Sheikh Bin Laden, contacté par Médias24, les responsables du projet ont décidé d’arrêter leurs démarches d’implantation à Casablanca, plus précisément dans la zone d’Anfa, et pour cause: «Les difficultés d’avoir les autorisations, mais surtout l’impact de la tour. Ils nous ont dit que si nous mettons le projet à Anfa, il ne se développera pas comme nous le souhaitons. Et puis il y a les conséquences au niveau de la gestion urbaine.»
Destination Tanger
Malgré ces difficultés, Sheikh Bin Laden et son équipe affirment qu’ils ont à cœur d’investir dans le Royaume. Ils ont orienté leur tour vers le nord du pays: la prochaine destination n’est autre que la ville de Tanger.
«Nous avons choisi la zone franche de Tanger car il y a de la place et parce qu’elle fonctionne bien. La ville de Tanger est en pleine croissance. Il faut noter également l’accueil des autorités de la région. Nous sommes tombés sur une équipe très positive», nous explique le concepteur.
Si M. Santalo estime que les autorités de la région sont intéressées par le projet, l’affaire n’est pourtant pas gagnée. «Le problème qui existe est lié à la réglementation de la zone franche qui ne correspond pas à notre projet.»
En effet, la réglementation de la zone franche ne donne pas la possibilité d’avoir sur un même territoire, des hôtels, des boutiques, des bureaux, et des restaurants, fonctionnant sous le même régime. L’équipe du projet souhaite obtenir le même statut que celui de la zone franche de Dubai international financial center (DIFC).
«Nous souhaitons obtenir un statut identique à la zone franche de DIFC. Nous allons proposer cela au Wali dans quelques jours. La zone de Tanger devrait avoir un statut particulier tout en respectant les lois du pays», préconise M. Santalo, avant de conclure de manière catégorique: «On demande un copier-coller de la réglementation de DIFC. Si nous trouvons un terrain d’entente, nous lancrons la tour, sinon nous passerons à une autre étape.»
Outre la taille de la tour, l’équipe promet des innovations. «Il y aura des innovations de construction liées à l’eau, l’air, aux zones wifi ou encore la mise en place d’un système de force du vent.» Le concepteur n’en dira pas plus.
S’il aboutit, le projet se focalisera sur la gestion de matières précieuses et de matières premières.
Telles sont les affirmations du concepteur et du promoteur. Le projet poursuit donc ses tribulations et le concepteur ses affirmations invérifiables. Selon nos sources, il n’y a jamais eu de dossier sérieux et consistant déposé à Casablanca et la seule rencontre avec les dirigeants de la Ville s’est faite d’une manière fortuite autour d’un coin de table et dans un couloir. Les promoteurs ont même tenté de faire croire à une tour Roi Mohammed VI, croyant qu'une telle promesse serait le sésame de l'affaire.
Plus le temps passe, et plus le concepteur multiplie les promesses et les affirmations. Et plus il parle, et plus le projet perd en crédibilité.