Egalité de genre: le Maroc classé 26e sur 52 pays
Le Maroc est à la traîne en termes d’égalité des sexes selon un classement de la Banque africaine de développement (BAD).
Le premier rapport de la BAD sur l’indice de l’égalité du genre en Afrique, publié le 25 mai sur le site de l’institution, prend en considération 52 pays africains sur 54.
Le Maroc occupe la 26e place. Il est largement devancé par la Tunisie et l’Algérie qui sont 17e et 21e, et se place devant l’Egypte qui arrive 35e.
L’étude, qui sera publiée tous les deux ans, analyse le fossé économique, juridique et social entre les hommes et les femmes, l’objectif étant de fournir aux dirigeants africains les conclusions nécessaires pour lever les barrières qui empêchent les femmes de contribuer pleinement au développement du continent.
Trois aspects sont abordés, à savoir les opportunités économiques, le développement humain, ainsi que les lois et les institutions. « Les trois domaines dans lesquels une action gouvernementale peut engendrer un changement », précise le rapport. Il s’agit ainsi d’étudier l’égalité entre les femmes et les hommes devant la loi et les institutions, dans le monde du travail, dans la scolarité, dans les services liés à la santé et dans les ménages.
Chaque aspect présente des indicateurs qui permettent d’obtenir une score global de 0 à 100 pour chaque pays, 100 représentant l’indice parfait.
Le Maroc obtient un score de 52,9, en dessous de la moyenne du continent africain qui est de 54,1.
L’Afrique du Sud obtient le score maximum, 74,5. Elle est suivie du Rwanda, de la Namibie, de l’Ile Maurice et du Malawi. Le score minimum de 15,8 est enregistré par la Somalie.
Une forte inégalité face aux opportunités économiques
Cette dimension analyse l’écart entre les hommes et les femmes en termes de salaires, de participation à la main d’œuvre, d’accès aux services financiers et de propriété d’entreprises.
Suivant leur performance, les pays sont classés dans quatre catégories représentant quatre niveaux. Le Maroc se positionne dans la dernière catégorie, qui rassemble les pays avec le plus bas taux d’égalité. Il est classé 48e.
Le Malawi occupe la première position grâce à sa focalisation sur l’augmentation de la production des femmes rurales, qui ont désormais un meilleur accès à la formation, à l’information, aux services agricoles. Le pays a en effet amélioré l’accès des femmes à la formation, à l’information, aux intrants et aux services agricoles.
Le Maroc derrière les autres pays du Maghreb en termes de développement humain
Le Maroc se rattrape sur le volet du développement humain, qui se penche sur l’accès à la scolarisation et aux services de santé, en se classant dans la catégorie des pays avec le plus fort taux d’égalité, en 13e position.
Il est en revanche derrière la Tunisie (2e), l’Algérie qui a le plus haut taux de naissance en présence de personnel qualifié (7e) et l’Egypte (10e).
L’Ile Maurice se classe première, avec un taux d’alphabétisation féminin de 90%.
Inégalité conséquente face aux lois et aux institutions
En matière d’égalité devant la loi, dans les ménages et dans la représentation par les institutions, le Maroc se classe 26e, parmi les pays de la catégorie du deuxième niveau.
L’Ile Maurice est une fois de plus première grâce à la loi qu’elle a promulguée en 2008 et qui interdit toute discrimination directe ou indirecte dans l’emploi, le recrutement, les services publics et l’éducation.
Par ailleurs, le Parlement d’Afrique du Sud, qui se classe 3e, est l’un des plus équitables au monde avec presque 50% de représentants de sexe féminin.
Cette étude n’est pas seulement présentative. A l’occasion du 50e anniversaire de la BAD, elle propose également un plan d’action pour surmonter les inégalités des sexes en Afrique, l’égalité du genre étant considérée comme facteur du développement économique.
La BAD identifie ainsi huit domaines primordiaux à l’égalité des genres et à la contribution de la femme au développement économie du pays aussi bien en tant que productrice mais aussi en tant que citoyenne et dirigeante. Il s’agit l’accès à la propriété foncière au crédit, à la connexion aux infrastructures, à l’acquisition des compétences, à la santé et fertilité, à la sécurité personnelle, à l’égalité devant la loi, au vote et à la représentation.
En plus d’améliorer l’éducation, la santé, et la participation des citoyens à l’activité politique, le rapport ajoute qu’il faut se concentrer sur la productivité à travers l’agriculture et le petit commerce, « qui constituent le moyen de subsistance de la plupart des Africains ».