Au Parlement, un Abdelilah Benkirane très conciliant
Séance très attendue de questions orales adressées au chef du gouvernement ce mardi 26 mai à la Chambre des Représentants.
Abdelilah Benkirane confiait récemment à Al-Jazeera que lorsqu’il s’exprimait devant le parlement, c’était une sorte de Barça-Real. Il faisait allusion à l’audience qu’il estime être la sienne auprès de l’opinion publique.
D’autres ont fait allusion au ring ou au combat de boxe.
Dans un cas comme dans l’autre, le match de ce mardi 26 mai a tranché avec la longue série d’escarmouches, violences (verbales), agressivités. Les deux adversaires du jour ont été gentils, urbains, civils ; aussi bien le champion (Benkirane) que le challenger (l’opposition).
On était pratiquement dans l’échange de politesses, le sourire, le rire, la bonne humeur.
Il faut dire que l’arbitre [Rachid Talbi Alami] a rappelé d’emblée les règles du jeu, dans une allocution courte, applaudie et moralisatrice. En gros: ne vous donnez plus en spectacle, il y va de l’image du Maroc, il faut élever le débat et être digne des attentes.
A un certain moment, on frise l’hilarité générale :
-Question: le gouvernement a-t-il une stratégie dans le domaine de….
-Benkirane [qui d’habitude aime garder la parole] : oui, nous avons.
Donc, un benkirane conciliant et cordial, a rappelé que le salaire moyen mensuel dans la fonction publique est passé de 5.300 DH en 2007 à 7.500 DH en 2014, soit une hausse annuelle moyenne supérieure à 5%, nettement supérieure au taux d’inflation.
Il a ajouté que les salaires de la fonction publique au Maroc sont enviés par les populations des autres pays similaires, même ceux qui ont du pétrole.
La hausse de salaires de la fonction publique demandée par les syndicats (25%) représente plus de 27 milliards de DH par an, ce qui est insoutenable. Avec son habituel langage métaphorique, Benkirane a estimé que la contradiction entre celui qui paie et celui qui consomme est normale, donc chacun est dans son rôle. “Le budget du Maroc n’est pas dans la poche de Abdelilah Benkirane, je ne vais pas appeler les syndicats pour leur envoyer de l’argent, la baisse des prix du pétrole profite aux citoyens, de même que l’excellente campagne agricole“.
Conciliant, il conclut: il faut faire de la réforme de la retraite un grand moment d’union, plutôt que l’inverse.
Conciliant, tout le monde l'a été au cours de cette séance. Pourvu que ça dure.