Symphos 2015: innovation, technologie et développement durable
La grand-messe du monde des phosphates se tient jusqu’au 20 mai à Marrakech à l’initiative d’OCP. Enjeu : démontrer la compatibilité entre technologie et préservation des ressources natuelles.
Pour la troisième édition du Symphos, dont il est l’organisateur, OCP réunit pendant 3 jours à Marrakech, jusqu’au 20 mai, des experts, des scientifiques et des industriels du monde entier.
Parmi les objectifs : démontrer que l’innovation est certes au service de la technologie mais aussi du développement durable. Le point avec Rachid Boulif, directeur de la Recherche à OCP, et organisateur du Symphos.
Quelle est la caractéristique de cette troisième édition du Symphos ?
Aujourd’hui, on est beaucoup plus axé qu’auparavant sur une agriculture durable et sur les innovations qui permettent d’optimiser l’utilisation des engrais et des technologies en général, pour obtenir une culture avec des rendements meilleurs. D’où notre slogan : « l’innovation au service de l’agriculture durable ». Et comme va le montrer cette édition du Symphos 2015, on veut fédérer les idées et les techniques d’innovation pour avancer plus vite. Il ne faut pas que chacun travaille dans son coin, fasse ses recherches de façon isolée : aujourd’hui, tout le monde doit être rassemblé…
Parce qu’il y a une certaine urgence à agir : de nombreux spécialistes estiment que si on ne fait rien, en 2050, c’est-à-dire demain, il sera quasiment impossible de nourrir toute l’humanité…
Je ne suis pas pessimiste parce que ce n’est pas dans la nature d’un scientifique de l’être. Il faut savoir que la majorité des terres en Afrique ne sont pas encore cultivées, et que ce sont souvent de très bonnes terres. Il y a donc une marge importante, mais il ne faut pas faire n’importe quoi. Il faut innover et optimiser, même les produits fertilisants, pour donner à la plante ce qu’il lui faut et ainsi augmenter les rendements. Je ne crois donc pas à une pénurie dans les décennies à venir.
Mais cela nécessite une formation poussée des agriculteurs, partout dans le monde : ce n’est pas le cas aujourd’hui…
Le train est en marche ! Beaucoup de choses ont été faites. Pour ne parler que d’OCP, je peux vous dire que les 20.000 employés de l’entreprise sont tous sensibilisés à ce problème et ont reçu une formation pour répondre à ce type de besoin. Certes, l’agriculteur, un peu partout dans le monde est considéré parfois comme le maillon faible de la chaine, car il n’a pas forcément les moyens pour se former. Mais il y a beaucoup d’initiatives qui sont prises à l’échelle mondiale. Et OCP contribue à cet effort en accompagnant de nombreux agriculteurs, que ce soit à l’échelle du Maroc ou du continent africain dans son ensemble. Nous avons plusieurs équipes qui travaillent sur des projets. Le monde est en train de comprendre que c’est essentiel et que l’on doit s’y mettre. Tous ensemble…
Vous parlez beaucoup de développement durable. Mais peut-on vraiment, à la fois, augmenter les rendements et préserver la nature ?
Il n’y a aucune contradiction… Aujourd’hui, au contraire, l’innovation technologique permet de préserver l’environnement. Je vous donne un seul exemple : le pipe-line OCP entre Khouribga et Jorf Lasfar, c’est de l’innovation, c’est de la technologie qui apporte un gain évident pour l’environnement. Et ces trois jours de débats vont donner bien d’autres exemples…