La production de blé au Maroc va diminuer fortement après 2030
L’éventuelle baisse des productions agricoles qu’entraînera le changement climatique menacera la sécurité alimentaire dans le futur d’après un expert de la Nasa.
Lahouari Bounoua, expert en climat et en environnement à la Nasa, met en rapport le changement climatique avec la sécurité alimentaire dans une analyse publié sur le site d’informations australien SBS. « La production de blé au Maroc va diminuer fortement après 2030 », prévoit-il.
Selon lui, si le changement climatique affecte le monde entier, l’Afrique y est plus vulnérable en raison de la dépendance des économies africaines vis-à-vis de l’agriculture et de la démographie du continent. Le secteur agricole représente 32% du PIB africain et emploie 65% de la main d’œuvre du continent.
Durant les 100 dernières années, les températures ont augmenté de 0,5 degrés et les précipitations ont diminué en Afrique. A ce rythme, l’expert prévoit une baisse encore plus importante des productions agricoles, en fonction des types de cultures, de l’ampleur de l’opération, du profil commercial ou de subsistance de la ferme et des quantités des ressources naturelles.
L’expert de la Nasa presse les pays africains à enrayer le changement climatique, notamment en ayant recours aux énergies renouvelables. Il donne comme exemple le Plan national contre le réchauffement climatique délivré par le Maroc en 2009 qui prévoit un projet d’énergie solaire de 2.000 mégawatts. Le plan était également basé sur l’évaluation de la vulnérabilité et de l’adaptation au climat ainsi que sur l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre et le maintient d’une politique de développement à faible émission de carbone.
L’initiative de quelque pays nord-africains comme l’Egypte, le Maroc et la Tunisie d’appliquer de nouvelles stratégies de gestion des ressources en eau est également une bonne réponse au changement climatique selon l’expert.
Selon lui, ces mesures, auxquelles doivent s’ajouter une éducation sur le réchauffement planétaire, pourraient atténuer les impacts du changement climatique sur l’agriculture et donc la sécurité alimentaire en Afrique.
« Mais il y a encore beaucoup de travail à faire », conclut-il.