Le Maroc va amplifier le recours aux PPP
Elaborer un programme de projets à réaliser en PPP (partenariat public-privé), avec un agenda pour les réaliser. Telle était l’ambition inédite de la journée organisée lundi 11 mai par le ministère des Finances et la Banque Mondiale.
Les secteurs concernés par cette liste de projets sont les infrastructures et les transports (ports, aéroports, autoroutes), l’agriculture, l’énergie, l’eau, la santé et l’enseignement supérieur. En d’autres termes, l’Etat va confier au privé une grande partie des investissements à venir dans ces secteurs et va les programmer.
Le Maroc va donc amplifier d’une manière significative le recours aux PPP, encouragé par le bilan positif que le gouvernement dresse des expériences passées dans les domaines de l’énergie, de l’irrigation et du transport urbain.
En dix ans, le volume total de l’investissement public a été multiplié par 2,6 fois, passant de 70 MMDH à 186 MMDH et ce, tout en restant soutenable et tout en préservant les équilibres du budget, a rappelé M. Boussaid qui a lancé les travaux de cette journée.
Pour l’avenir, le recours aux PPP permettra d’augmenter encore plus les investissements publics et sans les PPP, le budget de l’Etat n’aurait pas forcément pu assurer.
Abdelkader Amara, ministre de l’Energie, qui intervenait au cours de la même journée, a donné l’exemple des opportunités d’investissement au Maroc dans le domaine de l’énergie: “Globalement, les nouveaux chantiers lancés par notre pays en terme de développement des infrastructures électriques, pétrolières et gazières représentent de réelle opportunités d’investissements dont le montant est estimé à près de 36 milliards de $ USA entre 2015 et 2025“.
Abdelkader Amara a donné les exemples selon lui réussis de la production électrique et du dessalement d’eau de mer.
“Pour le dessalement, ce PPP est développé dans le cadre de la loi 54-05 relative la gestion déléguée. Ce projet est programmé par l’ONEE et consiste en le renforcement de la production d’eau potable par dessalement d’eau de mer pour un débit de 100.000 m3/jour (environ 1200 litres/s) en première phase extensible à 200.000 m3/jour. Le coût global de la première tranche est estimé à un milliard de DH“.
Les nouveaux PPP dans le domaine de l’énergie ont été enrichis par “l’introduction des critères d’intégration industrielle pour les programmes intégrés solaires et éoliens, pour le choix des opérateurs privés“, ajoute M. Amara qui promet que “l’implication des partenaires nationaux dans ce processus de développement de ces projets a permis d’assurer la pérennisation du savoir-faire et du transfert technologique et de créer des champions nationaux“.