Hassad-Diaz: “Coordonner, coordonner, coordonner”
Le terme «coordination» est revenu plusieurs fois dans les mots de MM. Hassad et Fernandez Diaz réunis dimanche soir à Tanger. Les deux hommes ministres de l’Intérieur se sont vus dimanche pour la deuxième fois en moins d’une semaine et pour la neuvième fois en une année.
Un nouveau défi se rajoute officiellement cette année à la haute pile de dossiers bilatéraux: celui de la multiplication des narco-vols.
Après une première réunion entre 20h et 21h, les deux hommes ont fait une déclaration aux médias avant de se réunir à nouveau autour d’un dîner de travail dans l’un des salons de l’hôtel Le Mirage.
Face à la presse, Mohamed Hassad a insisté sur la «nécessaire coordination et les bons résultats qu’elle donne» dans la lutte anti-terroriste et contre les filières d’immigration clandestine.
Hassad content de travailler avec Fernandez Diaz
Hassad a aussi rappelé les actions bilatérales en matière d’exercices de secours d’urgence en Méditerranée et parlé de «nombre d’actions à caractère confidentiel» menées par les deux parties.
Outre le fait que plus de 110.000 navires traversent le Détroit de Gibraltar chaque année dont 35.000 navettes entre les ports de Tanger et d’Algésiras principalement, la zone est devient chaque année plus sensible sur le plan militaire et sécuritaire. Marocains, Espagnols, Anglais et Américains y disposent de moyens militaires.
Hassad a rendu un hommage à son homologue le qualifiant de «grand partisan du partenariat et de la coopération avec le Maroc, notamment vus les résultats obtenus».
Outre les actions anti-jihadistes très exigeantes en ressources humaines et financières, la coopération sécuritaire concerne le trafic de drogue, les filières d’immigration sur des frontières qui vont de Mélillia au large des îles Canaries et des côtes de Laâyoune et de Tan Tan.
Pas abordé par Hassad mais plus largement par Fernandez Diaz, le sujet de la recrudescence du trafic de drogue par aéronefs légers a été plusieurs fois mentionné par le ministre espagnol de l’Intérieur comme l’un des nouveaux soucis de la coopération policière entre les deux pays.
Narco-vols et plan Telos
Depuis deux à trois ans, les vols de petits avions de tourisme entre le sud de l’Espagne et le nord du Maroc se multiplient. Il s’agit en général de petits avions dont l’équipement électronique est débranché pour ne pas être repérés et qui volent à basse attitude. Ils décollent de petits aéroports de la région de Cadix et de Jerez pour atterrir sur des pistes de fortune au sud de Tanger et dans la région de Larache.
Chacun imagine que si des trafiquants de drogue peuvent agir ainsi et parfois en toute impunité, d’autres groupes, terroristes cette fois-ci, peuvent avoir recours à de tels moyens.
Madrid a mis au point le plan Telos de lutte contre les narco-vols auquel elle fait participer les pays voisins dont le Portugal et le Maroc.
Fernandez Diaz a précisé que les services marocains et espagnols avaient mené avec succès trois opérations coordonnées contre les réseaux jihadistes de recrutement à cheval sur le Maroc et l’Espagne. Les deux pays constituent d’importants points de recrutement pour Daech ainsi que des objectifs d’éventuelles opérations terroristes.
La coopération policière a été mise en exergue, Fernandez Diaz rappelant que «les postes de police mixtes à Algésiras et à Tanger ont trois ans». Les responsables des deux ministères de l’Intérieur ont également commencé à discuter de l’opération Transit 2015.
A l’été 2014, 2,6 millions de personnes et 600.000 véhicules ont traversé le détroit dans les deux sens.
Enfin, aucun mot n’a été prononcé en public sur l’affaire qui aurait pu dégrader les relations bilatérales en mars dernier: la décision d’un juge de Madrid de poursuivre des officiels marocains pour atteinte aux droits de l’homme.
Contrairement à ce que c’était passé entre Rabat et Paris en février 2014, Rabat et Madrid ont pu maintenir le début d’incendie sous contrôle.