Conjoncture. Des chiffres rassurants sur fond de manque de visibilité
Mi-figue, mi-raisin. C’est la conclusion générale des deux notes de conjoncture publiées, le 23 avril, respectivement par Bank Al Maghrib et la Direction des études et des prévisions financières, rattachée au ministère des Finances.
Les résultats de l’enquête de conjoncture réalisée par Bank Al Maghrib (BAM) auprès des industriels, font ressortir une amélioration de l’activité dans l’ensemble des branches, à l’exception des industries mécaniques et métallurgiques d’une part et le textile et cuir, de l’autre.
Une amélioration consolidée à travers de nouvelles commandes, plus particulièrement dans les secteurs des industries électriques et électroniques et celles de l’agroalimentaire.
La Direction des études et des prévisions financières (DEFP) attribue ce bon comportement de l’industrie agroalimentaire aux facteurs positifs qui ont marqué la campagne agricole depuis l’automne 2014. En effet, la note de conjoncture de la direction retient les effets positifs, sur la production agricole, d’un bon niveau pluviométrique. A cela s’ajoute une progression de 12% de l’utilisation de semences certifiés, qui promet un bon rendement agricole.
En revanche, du côté produits de la mer, les statistiques de la DEPF affichent un repli de 3,9% des débarquements de la pêche côtière à fin mars 2015. Une contraction accentuée par la baisse des prises de sardine, une espèce qui représente la moitié des déparquements de la période. Si les prises baissent, la valeur, elle, augmente. Soutenue par une appréciation des prix de vente de l’espèce céphalopodière, la valeur globale des prises a progressé de 9,2% à 408,5 millions de DH.
Les autres industries sont dans une évolution différenciée selon les secteurs. Aussi bien BAM que la DEPF reconnaissent une appréciation de la production du secteur de la chimie et parachimie, et à sa tête le groupe OCP. Le volume de production des dérivés de phosphate a progressé de 16,4% à fin février 2015, Une évolution nuancée par le recul de la production du phosphate brut de 5,7%.
L’indice de la production énergétique s’inscrit également dans cette tendance. La production de l’énergie électrique s’est renforcée de 10,3% sur une année, après la consolidation de 8,6% le mois précédent et de 4,8% un an plus tôt. De son côté, la consommation de l’énergie électrique s’est améliorée en glissement annuel de 1,9% durant la même période, gardant quasiment la même évolution enregistrée il y a un an (+1,8%), alimentée par la progression des ventes de l’énergie de très haute, haute et moyenne tension de 1,6%.
Par ailleurs, pour apprécier l’évolution des BTP, la note de conjoncture de la DEPF se focalise sur la consommation de ciment. Cet indice a évolué de 0,6% en glissement annuel, durant le premier trimestre 2015, après un recul de 3,2% un an auparavant.
La progression est étroitement liée, selon la même source statistique, à la consolidation de l’encours global des crédits attribués au secteur immobilier de 3,1% à fin février 2015, un encours qui s’est établi à 238,6 milliards de dirhams.
Si l’immobilier enregistre un frémissement, le tourisme demeure en berne. A fin février 2015, le nombre des arrivées touristiques s’est établi à plus de 1,2 million visiteurs, en légère baisse de 0,8%, comparativement à la même période de l’année passée.
Ce recul est à lier, essentiellement, au retrait des arrivées de touristes français de 4,9% et de celui des touristes italiens de 9,7%. Inversement, les Allemands, les Hollandais et les Américains gardent leur attrait pour le Maroc.
La conjoncture serait donc globalement positive. Les projections des industriels aussi, mais avec une note de réserve. Selon l’enquête de BAM, les industriels s’attendent, au mieux, à une amélioration, et au pire au maintien, du niveau de la demande. Cela ne les empêche pas de souligner qu’ils ne disposent d’aucune visibilité sur les trois mois à venir.