Naissance de la “CGEM“ de l’agriculture
Non, ça n’a rien à voir avec la CGEM. C’est l’interprofession agricole qui s’organise, un peu à l’image de la confédération patronale, et qui se professionnalise. Un tournant.
Le président Ahmed Ouayach ne cache pas son enthousiasme. Il évoque une “révolution“, un “tournant“. Ce lundi 20 avril, l’interprofession agricole a vécu une assemblée générale historique.
Jusqu’à présent, la Comader, Confédération agricole marocaine, représentait certes les agriculteurs, mais sans plus. Elle était l’émanation d’une multitude d’associations, parfois des micro associations. Or, l’avenir du plan Maroc Vert, qui est à mi parcours (il s’arrête en 2020), impose une dynamique interprofessionnelle qui permettrait aux professionnels de s’approprier le plan pour garantir sa pérennité et, comme le dit M. Ouayach, le mettre à l’abri des aléas électoraux.
Ahmed Ouayach, président réélu de la Comader, nous confie que lors de cette assemblée générale, le nom du ministre Aziz Akhannouch, a été cité de nombreuses fois par une assemblée qui craignait un départ provoqué par les élections à venir.
La loi-cadre 38-10 est venue anticiper ce besoin. Elle constitue un cadre juridique qui organise l’interprofession.
Elle organise l’interprofession en regroupant “l'ensemble des composantes d'une même filière (production, valorisation et commercialisation), autour d'une vision unifiée et concertée, dans le but de conjuguer leurs efforts dans les domaines clés tels que l'encadrement, la recherche, le transfert de technologie, la diffusion de l'information et la promotion des produits“. En d’autres termes, la profession prend son destin en mains et s’approprie la stratégie Maroc Vert.
L’interprofession devient l’émanation des différentes filières et chaque filière est représentée à travers un processus représentatif et démocratique. La loi cadre prévoit alors que “les accords interprofessionnels qu'elle élabore sont obligatoirement étendus à l'ensemble des professions représentées“.
L’AG du lundi a renouvelé le bureau et l’a réadapté pour jouer son rôle de pilotage avec les pouvoirs publics. Elle regroupe désormais une vingtaine de fédérations professionnelles créées conformément à la loi cadre. Tout le monde aura un interlocuteur par filière et chaque filière aura ses représentants démocratiquement élus et donc représentatifs, dont les décisions s’appliquent à tous.
Tous les poids lourds siègent au sein de la nouvelle Comader: Ahmed Ouayach reste président, Moualy M’hamed Loualtiti (lait), Chakib Alj (minoterie industrielle), Mohammed Fikrat (sucre), Youssef Alaoui (aviculture), Samir Oudghiri (huile)….
Cette assemblée générale est l’aboutissement d’un processus qui a vu l’organisation des différentes filières et la création ou la refonte des nouvelles fédérations par filières.
“La loi 38-10 est pour la vie agricole ce que la loi sur les partis est pour la vie politique“, nous déclare M. Ouayach qui le sens de la formule. Il cite une loi structurante et une démocratisation et professionnalisation de l’activité interprofessionnelle.