Habib Choubani et la vie privée: l'arroseur arrosé
Sur les ondes de Radio Aswat, Habib Choubani a déclaré que "la politique a ses frontières, la vie privée a les siennes", et que mêler les deux est "amoral". Y croit-il vraiment?
A son corps défendant, Habib Choubani a livré, le 10 avril, son avis sur les déclarations de Hamid Chabat le concernant, ainsi qu'une ministre déléguée.
"Chabat est parti à Errachidia parce que Benkirane l'y a devancé et y avait tenu un meeting historique". Pour le ministre, il est donc "naturel qu'il adresse un signal à Benkirane d'Errachidia, via Habib Choubani, qu'Errachidia connaît depuis 1985, dans laquelle il est né, y a étudié, y a exercé comme professeur et la sert en tant que député".
M.Choubani estime que le secrétaire général de l'Istiqlal "a, dans son discours, prononcé des paroles délictueuses. Il aurait pu affronter Abdelilah Benkirane sur beaucoup de dossiers politiques", mais il a choisi, selon le ministre, de le faire "avec des armes moralement et politiquement prohibées".
Habib Choubani a aussi critiqué "la confusion grandissante entre champ privé et champ politique", et s'est dit "affecté par les déclarations de Chabat". "Quand tu marches dans la rue et que quelqu'un t'insulte, il est tout à fait normal de se sentir affecté. C'est le contraire qui serait anormal, humainement je veux dire".
Si Médias24 a critiqué les déclarations de Hamid Chabat, une piqûre de rappel s'impose, car, en parlant d'haranguer des gens dans la rue ...
En avril 2014, le même ministre, Choubani, avait abordé la journaliste Khadija Rahali, présente au parlement pour couvrir l'élection de Rachid Talbi Alami, lui demandant de quitter les lieux. Le motif: sa tenue, qu'il jugeait "irrespectueuse de l'institution parlementaire". L'affaire avait créé une vague d'indignation sur les réseaux sociaux. La journaliste décrit sa mésaventure comme suit: "alors que je gravissais les marches de l'escalier, j’ai entendu quelqu’un me héler. C’était le ministre Habib Choubani. Il m’a dit, devant tout le monde et sur un ton agressif, que ma tenue vestimentaire portait atteinte à la sacralité du parlement, et m’a ordonné de quitter les lieux".
Habib Choubani a trouvé des citoyens pour le défendre, contre l’attaque de Hamid Chabat. Mais il ne doit pas oublier qu’il a été défendu au nom des droits individuels et de la liberté. Ces valeurs sont un tout. A l’avenir, il s’abstiendra d’expulser une journaliste sous un prétexte vestimentaire…
La vidéo de Habib Choubani sur Radio Aswat.