Driss Lachgar interviewé sur Med Radio
Le premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar, se livre. Arbitrage royal, Benkirane, constitution,… Voici les maîtres-mots de son interview sur Med Radio. Verbatim.
Driss Lachgar n’est pas prêt à baisser les bras face à Benkirane. Le chef du parti de la rose s’est prêté au jeu de l’interview du journaliste Ridouane Erramdani pendant plus d’une heure dans l’émission Likae Khass.
Ridouane Erramdani a démarré l’interview droit au but. Le journaliste-animateur s’est penché, et c’est logique, sur l’actualité brûlante du paysage politique: Le recours à l’arbitrage royal par l’opposition. Une démarche critiquée que Driss Laghgar défend en s’appuyant sur la Constitution.
«Malheureusement, il y a eu une mauvaise interprétation de l’initiative à laquelle ont pris part les dirigeants des partis, et qui consiste à adresser un mémorandum au Roi. Cette démarche est au cœur de la réforme constitutionnelle.»
Pour le chef de file ittihadi, solliciter un arbitrage royal est tout à fait légal et constitutionnel. «L’opposition est une institution conformément à la Constitution de 2011 et surtout à l’article 10. Le gouvernement est une institution. Conformément à la constitution, l’arbitrage entre toutes les institutions est confiée à Sa Majesté le Roi.»
Les raisons derrière cette demande d’arbitrage royal sont claires selon M. Laghgar. Et s’il fallait donner un nom à celles-ci, cela tient en un nom: Abdelilah Benkirane. «Il y a eu des excès de la part du chef du gouvernement. Lorsqu’il vous traite de mafieux ou de corrompu, ceci exige des poursuites. Or, vous n’avez pas de cadre pour poursuivre le chef du gouvernement.»
Insistant comme à son habitude, Erramdani demande au premier secrétaire les vraies raisons. M. Lachgar rétorque que «le chef du gouvernement profite du potentiel du pays, de sa sainteté et de ses symboles, dans sa guerre contre le reste des partis.» Et d’ajouter : «Nous allons rassembler et publier tous les enregistrements dans lesquels ont été utilisés les symboles du pays, tel que la personne du Roi.»
«Mafieux, corrompus, voleurs», sont les termes utilisés par Benkirane, selon Lachgar, pour qualifier l’opposition. «Il vous insulte (Benkirane) et qu’il tient des propos diffamatoires sur votre compte, à la TV ou à la radio, et vous venez me dire que c’est quelque chose de normal ? On ne peut pas continuer comme ça.»
Pour Lachgar, Benkirane est devenu intouchable. Il n’a pas hésité à l’expliquer avec un exemple: «Si je vous en usant des mêmes termes, avec des mots injurieux, soyez sûr, et je suis avocat, que si je porte plainte à ce propos, vous obtiendrez un dédommagent. Une poursuite sera déclenchée par le parquet.»
Si le nom de Benkirane ne revient pas beaucoup dans l’émission, son statut de «Chef du gouvernement» a été répété à plusieurs reprises. Et d’après Driss Lachgar, c’est lui la cause de la fureur de l’opposition, ce n’est ni le gouvernement, ni son parti. «Nous sommes contre le chef du gouvernement!» a répondu sans hésiter, le premier secrétaire de l’USFP à la question de Erramdani.
Si l’on s’intéresse aux coulisses de la rencontre entre les 4 partis de l’opposition et les deux conseillers du Roi, Fouad Ali El Himma et Abdeltif Menouni, suite au mémorandum adressé au Roi, il ne faut pas compter sur Driss Lachgar pour avoir des réponses :
«Nous avons reçu des réponses de la part des conseillers au nom de Sa Majesté le Roi par rapport au mémorandum.» Il n’en dira pas plus.
L’opposition conteste une concurrence déloyale qui profite à Benkirane. Selon l’Ittihadi, elle viole les principes de la démocratie.