Maroc-France: les deux pays d’accord sur tout!
La visite de Manuel Valls au Maroc jeudi 9 avril a été marquée par l’affirmation d’une convergence de vue exceptionnelle entre les deux pays. La brouille est désormais définitivement oubliée.
L’année de brouille n’est plus qu’un lointain souvenir pour les deux pays si l’on s’en tient aux déclarations officielles mais aussi aux impressions recueillies auprès d’une source qualifiée ayant pris part à certains entretiens du Premier ministre français Manuel Valls jeudi 9 mars au Maroc.
La visite de Manuel Valls, la première de ce niveau depuis la réconciliation entre les deux pays, a laissé une excellente impression, tant d’un point de vue humain que politique. Il a su trouver les mots justes, aborder les thématiques importantes pour le Maroc sans éluder aucun sujet.
Cette journée a été marquée par deux rencontres de haut niveau : avec le Roi Mohammed VI et avec le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane.
A l’issue de la rencontre avec le Chef de l’Etat, le communiqué du Cabinet royal souligne « la parfaite convergence des points de vue entre le Maroc et la France sur l'ensemble des sujets stratégiques d'intérêt commun. » On ne peut être plus clair quant à la qualité de la relation entre les deux pays.
La France et le Maroc « ont exprimé leur pleine détermination à la raffermir encore davantage, sur la base de la confiance, de l'ambition et de l'estime réciproque » peut-on lire plus loin.
La série d’amabilités s’est poursuivie du côté de M. Valls. « La France a bien un objectif qui est de rester le partenaire de référence pour le Maroc dans tous les domaines de coopération, notamment politique, économique, culturel et de l'enseignement. Nous avons un partenariat d'exception qui va au-delà de l'amitié », a-t-il souligné, aux côtés de son homologue Abdelilah Benkirane.
Les dossiers évoqués lors de l’entretien entre le Souverain et le Premier ministre français sont nombreux : renforcement du partenariat stratégique dans l'ensemble des domaines, notamment judiciaire, économique, nouvelles technologies et éducation, ainsi que sur les questions régionales et internationales d'intérêt commun, notamment la situation régionale en Afrique de l'Ouest et au Moyen-Orient et particulièrement en Libye, au Mali et en Syrie, de même que la coopération dans le domaine de la sécurité et de la dé-radicalisation.
La France va s’appuyer sur le Maroc pour la formation des imams
Un point particulier a retenu l’attention de la partie française : l’expertise du Maroc en matière religieuse, notamment l'institut Mohammed VI de formation des imams, mourchidines et mourchidates. Manuel Valls a souhaité clairement un renforcement de la coopération avec le Royaume dans ce domaine.
Le gouvernement français cherche en effet à mieux suivre et encadrer l’islam en France, élargir le nombre de ses interlocuteurs au sein de l’islam et garantir le libre exercice des cultes. La formation des imams, complexe dans le cadre de la laïcité en France, est une question que les autorités française veulent traiter au plus vite.
Avec M. Benkirane, M. Valls a parlé de la place de l’islam en France et en Europe. Il a souligné la mobilisation « entière et totale » des autorités françaises contre tous les actes qui peuvent diviser la société française, notamment les actes attentant à l'islam.
« Le populisme se nourrit d'un discours contre l'islam en France et en Europe, et nous sommes très déterminés à lutter contre, non seulement, les actes mais aussi contre tous ces discours. Nous ne pourrons permettre la moindre parole qui blesse les musulmans de France et du monde d'une manière générale », a-t-il dit. Des paroles qui font sans doute échos, pour le Premier ministre français, au contexte récent marqué par la montée de l’extrême droite en France, et l’instrumentalisation de l’islam et des musulmans. L’un de axes de la campagne des socialiste pour les départementales de mars en France a été le combat contre le Front national.
Sur le plan sécuritaire, M. Benkirane a mis en avant la coopération bilatérale empreinte d'un climat de confiance et de soutien mutuel, soulignant que la sécurité n'est pas uniquement une affaire de services mais requiert le soutien de toutes les causes justes de la région, notamment la cause palestinienne, pour éviter de voir émerger des "réactions brutales et incompréhensible même pour tous les musulmans", tels le phénomène de Da’ech.
La question du Sahara, qui va faire l’objet d’un vote à l’ONU très bientôt, a été évoquée par les deux pays. Sur ce dossier, Manuel Valls a réitéré la « position inchangée » de la France qui soutient le royaume.
La relation relancée entre les deux pays sera marquée par plusieurs événements officiels programmés prochainement : la semaine prochaine, la visite du ministre des Finances français au Maroc, et le 28 mai la rencontre de haut niveau entre le Maroc et la France à Paris. D’un point de vue législatif, les parlements des deux pays doivent ratifier l’avenant à l’accord de coopération judiciaire qui a permis de clore la mésentente franco-marocaine.