Tanger: les riverains de la place Amrah remportent une bataille
La commission de l’urbanisme a décidé la suspension les travaux d’un chantier non autorisé au cœur du centre historique de Tanger. Après la mobilisation, la commission a relevé plusieurs infractions.
Depuis la semaine dernière, les riverains sont mobilisés contre des constructions illégales dans le cœur historique de Tanger. Celles-ci sont menées par un propriétaire américain qui a acquis une maison sur cette place centrale. Les riverains se sont élevés contre des agissements qui ne respectent ni règles d’urbanisme, ni règles de bon voisinage.
Ni règles d’urbanisme, ni règles de bon voisinage
La place Amrah, située au cœur de la vieille ville tangéroise fait partie du circuit touristique classique de la médina et de la casbah. Tous les jours, des dizaines de touristes passent par cette place. La place Amrah se situe à quelques mètres de la résidence de Barbara Hutton et du musée de la casbah.
Acquise en 2013, la maison de Frank Di Biasi avait obtenu une autorisation de construire au mois d’octobre. Mais jusqu’à l’été 2014, rien n’y avait été fait.
Selon un responsable du chantier interrogé par Médias 24 en présence de responsables de l’urbanisme, « après l’Aid el Kébir l’an dernier, nous avons mis les piquets pour soutenir les murs et les plafonds et puis c’est tout. Nous n’avons commencé à travailler qu’en février dernier. »
Une autorisation de construire dispose, selon la loi, d’une durée de vie de 12 mois. Toute entame d’un chantier doit être notifiée par un procès-verbal (PV) de démarrage de chantier.
Infractions multiples
Venu sur place hier mercredi dans l’après-midi, la commission communale de l’urbanisme qui comprend un élu de Tanger, Hassan Semlali, le caïd de l’arrondissement, Driss Benjelloul, un représentant de la l’Agence urbaine et deux représentants de la wilaya, a constaté que:
-le délai de 12 mois de l’autorisation de construire n’a pas été respecté,
-le PV de démarrage de chantier n’existe pas comme a pu le confirmer le responsable de l’Agence urbaine à Médias 24.
-le numéro d’ « autorisation » inscrit et accroché à un morceau de carton sur la façade était erroné.
Les responsables des monuments historiques étaient absents.
La commission a poursuivi ses investigations mercredi après-midi pour ensuite découvrir trois nouvelles infractions :
-les hauteurs de plafonds n’étaient pas respectées,
-le balcon débordait vers la rue,
-ce même balcon était surmonté d’un mur latéral dont une partie a déjà été abattu.
Quelques heures plus tôt vers 13 heures, alors que les maçons du chantier étaient en train de monter un mur sur la terrasse, celui-ci… s’écroulera (voir photo). Il y eut plus de peur que de mal. Personne ne fut blessé. Mais la scène était symbolique.
Selon Hassan Semlali (RNI) de la commune de Tanger, « le chantier est suspendu en attendant la présentation de nouveaux plans conformes ». L’Agence urbaine doit maintenant se prononcer sur l’étage supplémentaire autorisé dans le plan initial. La commune de Tanger décide de la destruction des ajouts de constructions illégales.
Entretemps, les responsables du chantier ont réduit les tiges métalliques qui sortaient des piliers de béton et qui annonçaient… des constructions supplémentaires.