Accès aux droits: la cartographie des disparités régionales au Maroc
Les régions du Maroc sont loin d’évoluer selon les mêmes rythmes : après le peloton de tête, d’autres régions progressent lentement ou régressent sur certains indicateurs.
Une étude menée par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) du ministère de l’Economie et des Finances vient donner un nouvel éclairage sur les disparités régionales dont souffre le Maroc.
Deux constats ressortent du rapport sur les disparités régionales en matière d’accès aux droits :
-premièrement, ces disparités, examinées sous différents vecteurs (d’ordre éducatif, sanitaire, judiciaire, etc.) sont encore profondes ;
-deuxièmement, elles sont amenées à se creuser, puisque les régions les plus défavorisées il y a 10 ans sont souvent celles qui progressent le moins vite, retardant ainsi le moment du rattrapage.
Le rapport s’appuie sur les données du HCP et des enquêtes ministérielles et compare l’évolution de grands indicateurs sur 10 ans.
L’évaluation menée par la DEPF est présentée comme un outil des politiques publiques de développement lesquelles exigent une logique de proximité, à l’heure où le Maroc avance vers la régionalisation.
Les régions les plus avancées progressent vite, celles en retard convergent lentement
Rabat-Salé-Zemmour-Zaer, Grand Casablanca, Fès-Boulemanesont pratiquement systématiquement au palmarès des régions les plus avancées en termes d’accès aux droits humains. En 10 ans, ce sont ces régions qui ont connu les plus grandes mutations dans l’accession aux droits.
Des régions ont grandement progressé en 10 ans sur les indicateurs de santé, éducation, habitat, accès aux ressources de base, comme la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz, Tanger-Tétouan, Fès-Boulemane.
Par exemple dans la région de Marrakech le nombre d’élèves par enseignant dans l’enseignement primaire public a considérablement réduit entre 1998 et 2013 à un rythme annuel de -2,3%.
Alors que la région comptait le plus grand nombre d’élèves par enseignant en 1998 (35 élèves), il jouit aujourd’hui d’un des taux d’encadrement le plus bas avec 25 élèves par enseignant. La moyenne nationale se situe à 28 élèves par classe.
Taza-Al Hoceima-Taounate, Oued Ed Dahab-Lagouira, Laâyoune-Boujdour-Sakia-El Hamra se retrouvent régulièrement en bas du classement des régions selon l’ensemble des indicateurs.
Les régions qui affichent les plus faibles scores progressent également plus lentement que la moyenne nationale vers l’accès aux droits, ralentissant leur convergence. Pour certains indicateurs, les régions les moins avancées ont même régressé en une dizaine d’années.
Par exemple, le taux de mortalité maternelle annuel a progressé de 6% entre 1998 et 2012 à Lâayoune-Boujdour-Sakia-El Hamra (région avec le plus fort taux de mortalité maternelle) alors que la moyenne nationale s’est située à -6,2% sur cette période.
