La campagne céréalière s’annonce prometteuse, sauf si…
La pluviométrie abondante en ce début de printemps augure une bonne campagne céréalière, mais seulement si les maladies des céréales sont traitées efficacement.
«Les conditions climatiques favorables et la bonne répartition de la pluviométrie dans le temps et dans l’espace placent sous de bonnes perspectives la campagne agricole 2014-2015», souligne avec satisfaction le ministère de l’Agriculture.
Il faut dire qu’au 13 mars, le taux global de remplissage des barrages à usage agricole a été de 78%, contre 72% pour la campagne précédente à la même date. Cette pluviométrie assez abondante suscite l’optimisme des professionnels et laisse augurer une bonne campagne céréalière.
Cinq millions d'hectares emblavés
Pour Izem Abdelaltif, directeur de la Fédération nationale de la minoterie, « la campagne céréalière a bien débuté avec notamment une bonne répartition temporelle et géographique des pluies. Les pluies du printemps ont remis les nappes phréatiques à niveau ».
Un céréalier de la région de Chaouia précise que « ces pluies permettent d’accélérer la croissance des plantes et d’améliorer la végétation naturelle des jachères et des parcours ».
Dans le détail, « cinq millions d’hectares toutes céréales confondues ont été emblavés, soit 150.000 ha de plus par rapport à la même période de l’année précédente. Si les conditions climatiques restent favorables, et si le traitement des agriculteurs contre les maladies et les mauvaises herbes se fait efficacement, on peut s’attendre à une très bonne campagne », ajoute Izem Abdelaltif.
Mais malgré ce vent d’optimisme lié aux conditions climatiques favorables, il est encore tôt pour dresser un bilan définitif de la campagne, prévient le directeur de la Fédération nationale de la minoterie, car la saison marocaine qui débute en octobre ne s’achève qu’en mai.
Des maladies très préjudiciables aux rendements
Du coup, bien que les professionnels s’attendent à une bonne campagne, comme le rappelle Ahmed Ouayach, président de la Confédération marocaine de l'agriculture et du développement rural (COMADER), « les pluies du printemps peuvent devenir dommageables à l'agriculture céréalière si elles dépassent un certain niveau ».
Deuxième facteur qui suscite la prudence des professionnels : certaines maladies très préjudiciables au rendement n’apparaissent qu’au printemps. Il s’agit en l’occurrence de la rouille jaune (Puccinia striiformis), maladie très nuisible qui produit des spores actives disséminées principalement par le vent.
Même son de cloche chez Mohamed Ibrahimi, céréalier dans la région de Berrechid. Ce dernier ne cache pas son inquiétude face à cette maladie qui « peut causer des pertes allant jusqu’à 30% » et insiste sur l’importance de lutter efficacement contre son développement.
Autre bémol, souligne Khalid Benslimane, céréalier dans la région de Rommani, « les prix des traitements sont élevés et varient entre 300 DH à 700 DH l’hectare. Et ces traitements ne sont efficaces que si la température ne dépasse pas 20°C et si la vitesse du vent est inférieure à 5km/h».
Dans une moindre mesure, les céréaliers marocains s’inquiètent d’une éventuelle apparition de la septoriose du blé, autre maladie qui peut entraîner d’importantes pertes de rendement.
En attendant la fin de la campagne en mai, le ministère de l’Agriculture et les céréaliers se mobilisent pour assurer une bonne campagne agricole.
En 2013-2014, la production céréalière avait atteint 68 millions de quintaux. Une année plus tôt, le Maroc avait réalisé sa deuxième meilleure campagne avec 97 millions de quintaux. Mais même lors des bonnes années, la production nationale de céréales ne couvre pas les besoins du pays.