Les 5 chiffres clés du recensement
Le Haut commissaire au plan a présenté ce jeudi 19 mars les résultats du recensement de la population légale résidant au Maroc.
Nous sommes exactement 33.762.036. Ou plutôt, c'est le nombre que nous étions à vivre Maroc au 1er septembre 2014, selon les derniers chiffres du 6e recensement décennal de la population marocaine, ceci sans compter les étrangers.
Jeudi en conférence de presse, les résultats de la population légale ont officiellement été présentés par le Haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami, en attendant la publication des données socio-économiques à partir de fin avril.
Après avoir félicité les milliers d’agents qui ont pris part à cette opération et tenté de calmer les ardeurs des défenseurs de la cause amazighe en annonçant que le HCP envisage de réaliser une étude «approfondie» sur le Tifinagh, le Haut commissaire au plan a révélé quelques chiffres clés sur la situation démographique au Maroc.
Depuis 1960, la population a été multipliée par 3,3
Première conclusion notable: la population résidente au Maroc a été multipliée par 3,3 depuis 1960. Depuis l’opération précédente de 2004 (29,89 millions de personnes), elle a augmenté de près de 13,2%, soit un taux d’accroissement démographique annuel moyen de 1,25 %, contre 1,38% entre 1994 et 2004.
Une croissance urbaine de 2,2% par an
60,3% de la population vit en milieu urbain, contre 55,4% en 2004, ce qui correspond à un taux d’accroissement démographique annuel moyen de 2,2% contre 2,1% durant la décennie précédente.
«Cet accroissement s’explique par l’accroissement démographique naturel, par l’exode rural, la création de nouveaux centres urbains et l’extension qu’ont connue les périmètres urbains», notent le HCP. En effet, plusieurs zones rurales ont été intégrées en milieu urbain ces dernières années, en particulier dans la région du Grand Casablanca.
En revanche, cette tendance n’est pas observée dans le monde rural où la croissance est pour la première fois négative avec -0,01%. Les campagnes marocaines commencent donc à se dépeupler…
86.200 étrangers résident au Maroc
La population étrangère au Maroc est passée de près de 51.000 lors du recensement de 2004 à 86.200 aujourd’hui. Pour le Haut commissaire au plan, «ce bond s’explique par la hausse du nombre de retraités étrangers qui viennent s’installer au Maroc en plus importante à Marrakech, ainsi que par l’arrivée d’immigrés algériens, tunisiens et subsahariens». On notera toutefois qu’en 1972, près de 112.000 étrangers résidaient au Maroc.
Cinq régions concentrent 70,2% de la population
Selon le nouveau découpage régional, cinq régions concentrent 70,2% de la population. Il s’agit de la région du Grand Casablanca-Settat (6,86 millions d’habitants), la région de Rabat-Salé-Kenitra (4,58 millions d’habitants), la région de Marrakech-Safi (4,58 millions d’habitants), la région de Fès-Meknès (4,23 millions d’habitants), la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (3,55 millions d’habitants). La région du Grand Casablanca abrite 4,27 millions d’habitants, la ville de Casablanca 3,06 millions d’habitants.
Une baisse de la fécondité
Les Marocaines font de moins en moins d'enfants. C’est l’une des grandes conclusions du recensement.
Dans les années 1960, une Marocaine donnait naissance à 7,2 enfants en moyenne. La fécondité est descendue à 3 en 1998 et elle n'est plus que de 2,19 enfants par femme aujourd’hui.
Nous sommes proches du seuil de renouvellement des générations, qui est de 2,1 enfants par femme. Cette formule forgée par les démographes définit le nombre moyen d'enfants par femme nécessaire pour qu'une population donnée conserve le même effectif. En l'absence d'immigration, un pays dont le taux de fécondité se maintient durablement en dessous de ce seuil verra sa population diminuer.