Football. Lekjaa rencontre Blatter
Le patron du foot marocain rencontre vendredi 13 mars à Zurich le président de la FIFA alors que le bras de fer continue entre les instances nationales et la CAF.
Le président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) Fouzi Lekjaa va rencontrer le président de la Fédération Internationale de football association (FIFA) Joseph « Sepp » Blatter vendredi 13 mars au siège de la FIFA à Zurich. Objet de la rencontre : « étudier des sujets d’intérêt commun », annonce la FRMF dans un communiqué laconique, sans donner plus de précisions.
Selon les informations de Médias 24, les discussions porteront principalement sur le bras de fer entre bras de fer la Confédération africaine de football (CAF) et la FRMF.
En effet, après les lourdes sanctions infligées au Maroc, l’institution présidée par Lekjaa a sollicité lundi 16 février un arbitrage du Tribunal arbitral du Sport (TAS), institution internationale basée à Lausanne et considérée comme la cour suprême du sport. Le TAS livrera son verdict dans une semaine, lequel portera uniquement sur le volet disciplinaire, à savoir la suspension du Maroc pour les deux prochaines CAN en 2017 et 2019.
Concernant le volet financier, la Fédération a saisi la Cour d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) basée en France. La CCI constitue la principale institution spécialisée dans le règlement des différends commerciaux internationaux. Pour mémoire, la CAF a eu la main lourde vis-à-vis du pays qui a demandé le report de l’organisation de la Coupe d'Afrique des nations 2015 en raison des craintes liées à la propagation du virus Ebola. En effet, outre la suspension du Maroc pour les deux prochaines CAN, le Maroc a été condamné par la CAF à verser une amende et des dommages et intérêts totalisant près de 100 MDH.
Sur les deux dossiers, le Maroc joue la carte du cas de force majeur, argumentant que sa demande de report de la compétition est due aux craintes liées à la propagation du virus Ebola, conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Autre argument : « les décisions prises par le Comité exécutif de la CAF ne reposent sur aucune base réglementaire », dixit la FRMF.
Selon les textes de la CAF, un retrait du pays organisateur notifié moins de six mois avant le début de la compétition - ce qui est le cas du Maroc - est punissable de 50.000 $ d’amende et peut se voir contraint d’éponger les coûts liés à la réparation des préjudices subis. Le règlement de la CAF évoque aussi des sanctions disciplinaires, comme l’interdiction de l’équipe concernée de participer à la compétition durant 2 ou 4 ans.
Pour sa part, la CAF oppose au Maroc trois arguments :
-le fait que Royal Air Maroc (RAM) maintenait ses vols vers les pays frappés par le virus Ebola,
-que le Maroc accueillait depuis plusieurs mois les matchs et les entraînements de l'équipe nationale de Guinée, pays touché par Ebola) et
-qu’aucun cas d’Ebola n’a été déclaré en Guinée équatoriale, pays ayant remplacé le Maroc dans l’organisation de la CAN 2015, dans des conditions d'improvisation parfois totales.