L'Opposition boycotte une séance parlementaire consacrée à la régionalisation
Les partis de l'opposition ont choisi, ce lundi 9 mars, de boycotter la réunion de la commission de l'intérieur au parlement. La Majorité dénonce "une prise en otage de la machine législative".
Au cours d’une conférence de presse tenue ce lundi matin, les représentants des partis de l'opposition ont justifié leur retrait par "la méthodologie adoptée par le gouvernement pour l'élaboration des lois et des décrets relatifs aux élections, et qui est une méthodologie unilatéraliste", selon Chaoui Belaassal, le chef du groupe parlementaire de l'UC.
Le boycott des travaux de la commission est "une réponse à la démarche du gouvernement, qui refuse systématiquement d’écouter les propositions de l'opposition", considère M. Belaassal.
L'Opposition a énoncé, pendant la conférence de presse, deux exigences: la première est que le gouvernement se concerte avec elle pour l'élaboration des projets de lois organiques et des décrets relatifs aux dates des élections, la seconde est l'indépendance du parquet vis-à-vis du ministère de la justice.
Abdellah Bouanou, chef du groupe parlementaire du PJD, a déclaré à Médias24 que "malgré le retrait de l'opposition, la séance n'a pas été levée. Nous discutons, à l'instant, du règlement intérieur des conseils régionaux avec le ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur, M. Charki Draiss".
Il considère que "l'opposition, qui préside la commission de l'intérieur, souhaite prendre en otage les prochaines élections en bloquant la machine législative", et que le boycott des travaux de la commission "est un précédent dangereux".
"Cette surenchère politique n'a aucun rapport avec la législation. Elle est probablement liée à ce qui se passe à Guelmim et à Laâyoune", en référence au mécontentement contre le président USFPéiste de la municipalité de Guelmim et à l'affaire Ould Errachid, dans laquelle le président istiqlalien de la municipalité Laâyoune est mis en cause dans une affaire d'escroquerie immobilière, et qui a été rendue publique par Abdellah Bouanou.
M. Bouanou estime que "la demande de l'opposition concernant l'indépendance du parquet ne peut justifier le boycott des travaux de la commission de l'intérieur, puisque c'est la commission de la justice qui est responsable de ces questions".
Si aucune date n'a été fixée pour la prochaine rencontre de la commission de l'intérieur, Abdellah Bouanou estime qu'elle "aura probablement lieu mercredi prochain". La commission y poursuivra l'examen du projet de loi 111.14 relative aux régions.