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Droits des femmes: Pourquoi il faut sortir le dimanche 8 mars

La coalition pour l'égalité et la démocratie se prépare à la sortie prévue le 8 mars, à l'occasion de la journée mondiale de la femme. Pourquoi faut-il sortir? Médias 24 donne la parole aux organisateurs.

Droits des femmes: Pourquoi il faut sortir le dimanche 8 mars
Amine Belghazi
Le 5 mars 2015 à 17h45 | Modifié 5 mars 2015 à 17h45

La marche du 8 mars est d’abord une réponse à la montée du conservatisme.

"Les démocrates devraient s'unir contre la pensée non seulement unique, mais inique" s'insurge Fatiha Layadi, députée PAM et membre de la coalition pour l'égalité et la démocratie. Il devient urgent, selon elle, de placer la réforme démocratique (dont les droits des femmes) à la tête des priorités du gouvernement.

"Il est grand temps de s'inspirer des valeurs universelles pour l'élaboration des politiques publiques. C'est également le moment de doter l'instance de la Haute autorité pour la parité des moyens dont elle devrait disposer pour mener à bien sa politique. Son rôle ne doit pas être uniquement consultatif... Nous avons assez d'instances consultatives!" estime Fatiha Layadi avant de poursuivre: "actuellement, l'instance est une coquille vide qui ne dispose d'aucune autonomie, ni d'aucune assise régionale. Pire, elle n'a jamais fait l'objet de consultations. En tout cas, pas avec les associations réputées pour leur engagement en faveur des droits des femmes. J'ai moi-même contacté les ONG qui militent dans ce domaine, et aucune d'entre elles n'a été consultée" nous confie Fatiha Layadi.

Les militantes et militants réclament essentiellement l'adoption d'un ensemble de mesures urgentes pour sortir la femme marocaine du cercle vicieux de la précarité.

Pour une nouvelle réforme de la Moudawana

La militante Fouzia Assouli présidente de la Fédération de la ligue démocratique pour les droits des femmes estime que le Maroc doit prendre ses responsabilités, et mettre fin une fois pour toutes à un certain nombre de pratiques moyenâgeuses.

"La pratique de la polygamie n'est actuellement pas interdite par la loi. Au même titre que les mariages des mineures qui est une pratique très courante et répandue dans certaines régions du royaume" s'indigne la militante. "Ce fléau plonge inévitablement l'enfant dans la profonde précarité et condamne toute une génération à l'analphabétisme et à la pauvreté", poursuit-elle.

Il est également nécessaire de revoir certaines terminologies du Code de la famille. Des concepts désuets concernant notamment la dot de mariage qui présente, selon Fouzia Assouli, une grande contradiction: "dans le premier article, il est dit que la dot est un symbole de l'union. Plus loin, elle est défini comme une sorte de consommation de l'acte de mariage, ce qui est ouvertement contre la dignité de la femme."

Pour une amélioration des conditions économiques

Il y a manifestement, depuis le début des années 2000, un net recul de la proportion de femmes actives.

"Le Maroc comptait 29 à 30% de femmes actives en 2000, aujourd'hui, selon les données du Haut commissariat au plan, la proportion est en repli, à peine 25% de l'ensemble des femmes. Le chômage a également pris de l'importance passant de 25% à 29% en 2012. Un autre chiffre alarmant: 62% des femmes travaillent dans le secteur informel, sans aucune couverture et en dehors de tout cadre juridique" rappelle Fouzia Assouli.

D'autres atteintes aux droits économiques des femmes seront également dénoncées lors de la marche du 8 mars. Il s'agit, entre autres, de l'accès à la propriété. La présidente de la Fédération de la ligue démocratique pour les droits des femmes explique: "les femmes soulaliates n'ont pas le droit de jouissance sur leurs terres, au même titre que les terres Guich et les terres des Habous. Une enquête du ministère de l'économie et des finances avait d'ailleurs révélé que les conséquences de la précarité chez les femmes marocaines est en partie imputée aux expropriations de terrains."

Par ailleurs, les dispositions sur l'héritage présentent un discrimination économique flagrante à l'égard des femmes, et à Fouzia Assouli de rappeler que "selon les données récentes publiées par le HCP, les femmes marocaines paient 17% plus d'impôts que les hommes. Aujourd'hui, la structure de la famille a changé, et se dirige de plus en plus vers un modèle de famille nucléaire, d'où l'urgence de repenser la loi sur la distribution de l'héritage."

Pour une émancipation effective de la femme

L'accomplissement de la femme marocaine ne peut se réaliser sans une représentation adéquate dans les sphères de décision et dans la vie politique. Il s'agit là d'une des plus importantes revendications des associations féminines qui ont appelé à la marche. "Rien dans les lois actuellement en vigueur ne permet de garantir une parité effective lors des scrutins électoraux", remarque Fouzia Assouli.

Sur un autre volet, et afin d'aboutir à une réelle émancipation de la femme, il est important pour elle de pouvoir disposer librement de son corps.

Comme l'explique notre source: "les chiffres sur les avortements clandestins sont alarmants, on estime leur nombre entre 600 et 800 par jour. C'est une réalité à laquelle il faut trouver une solution. On estime, au sein de la coalition, qu'il est important et urgent de dépénaliser l'avortement médicalement assisté et interdire les avortements pratiqués hors assistance médicale" et d'ajouter: "on plaide également pour un accompagnement psychologique des femmes qui souhaitent avorter, tout en respectant le droit à la vie du bébé qui, selon les juridictions, varie entre 12 et 14 semaines de grossesse."

Par ailleurs, les manifestants et manifestantes réclameront, durant la marche de dimanche prochain, la révision de la loi sur les travailleuses à domicile pour interdire, purement et simplement, l'embauche des filles âgées de moins de 18 ans.

Pour l'heure, Fatiha Layadi nous apprend qu'un manifeste comportant l'ensemble des doléances des associations féministes sera dévoilé le jour de la marche.

Rendez-vous le 8 mars à 10 heures à Rabat, le parcours  débutera place Bab El Had et s'arrêtera place Bab Rouah.

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Amine Belghazi
Le 5 mars 2015 à 17h45

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