Le Majhoul marocain produit en Palestine
La variété de dattes Majhoul est de plus en plus cultivée dans la ville de Jéricho par des agriculteurs palestiniens.
Dans une immense oasis au climat aride, des milliers de palmiers dattiers de Majhoul défilent inlassablement, écrasés d’un soleil brûlant. Les dattes Majhoul sont une variété purement marocaine très appréciée et considérée comme la plus raffinée des dattes. Une sorte d’or brun du désert. Sauf que nous ne sommes ni à Ouarzazate, ni à Erfoud, mais dans la ville palestinienne de Jéricho (Ariha en arabe).
Depuis 2007, des phœniciculteurs palestiniens se sont lancés dans l’aventure du Majhoul. Des coopératives ont été créées, des milliers de dattiers plantés, et aujourd’hui, les agriculteurs palestiniens de Ariha produisent près de 700 tonnes de Majhoul par an, selon le site d’information palestinien Maan News. Certes, cette quantité reste extrêmement faible, mais ces derniers s’attendent à produire 4.000 tonnes de Majhoul en 2015, et 20.000 T. d’ici sept ans, soit l’équivalent de la production marocaine.
En attendant, cette production souffre de nombreux dysfonctionnements. En effet, les phœniciculteurs palestiniens rencontrent des problèmes dans l’exportation et ne disposent pas de matériel de conservation des dattes. Afin d’y remédier, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) leur a fournit du matériel de stockage et de conservation.
Jéricho compte aussi une vingtaine de colonies agricoles israéliennes. Des travailleurs agricoles y sont employés dans des conditions extrêmement difficiles. Selon l’association France-Palestine, ils sont contraints par leurs employeurs de rester de longues heures assis au sommet des dattiers, sans aucune possibilité de descendre.
Malgré les difficultés liées à l'occupation, des agriculteurs palestiniens tentent de s'organiser pour exporter leurs produits.
Aujourd’hui, la variété Majhoul est également commercialisée par des producteurs israéliens et californiens, qui l'ont acclimatée dans leurs pays.