Cafouillages autour de l’appel d’offres de la place financière de Tanger
L’objet du marché 03/CRITT/2015, la consistance de l’étude et le "contexte et enjeux de l’étude" ont été modifiés samedi 21 février par le CRI de Tanger.
Les interrogations sur le sens de l’appel d’offres (AO) sur la place financière de Tanger avaient notamment été exprimées à la fin de la semaine dernière sur Médias 24.
Ainsi, l’article 1 du titre 1 portant sur l’objet du marché parlait de réalisation d’une étude benchmarking du positionnement financier de la ville de Tanger pour la mise en place d’une place financière.
Désormais l’intitulé de la version 2 du marché 03/CRITT/2015 est : Etude benchmarking du positionnement financier de la ville de Tanger.L’expression « mise en place » disparait tout simplement. Tanger dispose d’un embryon de place financière comme souligné dans Médias 24 le 21 février dernier.
De même, le nouvel article 2 parle de « réalisation d’un benchmarking de positionnement financier », de « diagnostic et analyse du cadre incitatif dans la zone de Tanger (Régimes communs et spécifiques) » et de l’ « élaboration d’un plan d’action pour la relance de la place financière offshore de Tanger et les moyens de construire un écosystème complet (…) ».
Une étude à 1,5 MDH
La section consacrée au « contexte et enjeux », les pages 12 et 13 du CPS (Cahier des prescriptions spéciales) a également été remaniée, surtout la page 13.
Les clichés sur « drainer les investissements étrangers et en particulier du Golfe » ou faire « de Tanger un hub économique et financier » présents dans la première version du texte ont été enlevés. Le nouveau texte en page 13 insiste sur « la réalisation d’un benchmarking de positionnement financier des principaux hubs économiques de la région et notamment la zone Mena ».
Surtout, le nouveau texte parle d’ « élaboration d’un plan d’action pour la relance de la place financière offshore » et rappelle le besoin d’un nouveau diagnostic et d’une nouvelle analyse.
Vu les enjeux pour le Maroc, le texte en entier du marché aurait pu être remanié. Celui-ci contient trop de clichés sur l’économie de notre région et de notre pays. Budget de cette étude : un peu plus de 1,5 MDH, 1.560.000 DH exactement
A ce rythme, il aurait peut-être mieux valu revoir le texte de l’AO pour la mise en place d’une bourse des matières premières. Là aussi, le texte est approximatif et le coût de l’étude supérieur à 1,5 MDH. Kigali au Rwanda et Yaoundé au Cameroun s’apprêtent aussi à lancer leurs bourses de matières brutes. Lagos la nigériane y songe. Johannesburg la sud-africaine en est déjà dotée.