Driss Lachgar, sans tabous sur l’héritage, l’avortement, la polygamie
Driss Lachgar en a surpris plus d'un en se prononçant au sujet de l'avortement, du mariage des mineures et de la polygamie. Une prise de position sans concession. Restitution.
Si le premier secrétaire de l'USFP s'est contenté d'inviter à rouvrir le dialogue sur l'héritage, il a été catégorique lorsqu'il a discouru sur le mariage des mineures et la polygamie, qu'il a demandé d'interdire.
M. Lachgar, qui était présent au stand du CNDH vendredi, dans le cadre du salon du livre, a appelé à dépasser la logique du quota pour atteindre une réelle égalité entre les deux sexes.
L'USFPiste en chef a, également, livré une analyse sur les possibles causes de la marginalisation de la femme.
Il a estimé que l'évolution démographique que connaît le Maroc a conduit à l'apparition de zones de pauvreté exploitées par "le complexe opportuniste" et "ceux qui instrumentalisent la religion", qui n'ont vu en les femmes et les jeunes qu'un réservoir électoral. Selon M. Lachgar, les femmes et les jeunes sont les deux catégories qui ont payé le prix de l'évolution inégalitaire du Maroc.
Les mouvements salafistes ont, selon lui, instrumentalité le concept de l'ihsane (la charité musulmane) pour endoctriner les habitants des quartiers pauvres. Il a estimé que l'effort d'encadrement religieux entrepris par l'Etat s'est révélé insuffisant pour endiguer le salafisme, qui n'œuvre pas au niveau des conseils des oulémas et des lieux où sont prodiguées les doross (causeries religieuses), mais dans les niveaux religieux intermédiaires et dans les quartiers pauvres et marginalisés.
Driss Lachgar a, aussi, appelé à "changer d'approche en ce qui concerne la moudawana, pour qu'elle soit une affaire d’intérêt public", seul moyen, selon lui, de la voir respectée et appliquée.