Annulation du marché des radars: Logisoft-Redflex réagit
Le groupement qui avait remporté l’appel d’offres déplore cette décision. Boulif justifie son choix.
Conclu en fin novembre 2014, l’appel d’offres relatif au marché des radars a finalement été annulé par le ministère de l’Equipement.
Voici les faits. Dans son action de renforcement des mesures de la sécurité routière, le ministère de l’Equipement et des transports avait décidé de mettre en place 200 radars. L’appel d’offres s’était déroulé par la suite de manière normale. Fin novembre, le groupement maroco-australien avait été notifié de l’attribution du marché.
Deux mois plus tard, Logisoft-Redflix reçoit un avis d’annulation du marché. Coup dur pour le groupement qui ne s’attendait pas a enregistré une aussi mauvaise nouvelle. La société avait déjà engagé des frais dans cette opération, de quoi faire sortir Abderrahim Bouhmidi, conseiller juridique du groupement, de ses gonds :
« Le doing business n’est plus possible avec ce gouvernement. Avant de soumissionner, vous faites un business plan. Celui-ci a coûté approximativement 5 MDH. Hormis ce préjudice financier, le plus important c’est que Redflex allait faire du Maroc un hub pour l’Europe. Ils voulaient déménager le siège de la société depuis l’Angleterre pour s’installer à Laayoune» explique M. Bouhmidi.
Dans une déclaration donnée au site du PJD, le ministre délégué chargé du Transport, Najib Boulif, explique cette annulation par 3 points :
-La société Logisoft a eu les anciens marchés des radars.
-Le groupement a commis des violations au niveau de la procédure et de livraison.
-Le ministère a relevé plusieurs radars défectueux.
En effet, le ministère de l’Equipement et du Transport fait application de l’article 45 relatif à l’annulation d’un appel d’offres des dispositions du décret sur les marchés publics. D’après le texte, l’annulation peut intervenir quel que soit le stade de la procédure pour la conclusion du marché, « lorsque les données économiques ou techniques des prestations objet de l’appel d’offres ont été fondamentalement modifiées. »
Un argument loin de convaincre M. Bouhmidi qui n’hésite pas à pointer du doigt Aziz Rabbah, ministre de l’Equipement et du transport : « Les données économiques et techniques n’ont pas été justifiées. Le ministre Rabbah veut avantager d’autres sociétés étrangères. »
Selon M. Bouhmidi, les 70 MDH de ce marché sont loin de préoccuper Redflix, cette société australienne côté en bourse aux Etats-Unis. Pour lui, le plus important est ailleurs.
« Redflex voulait faire des usines pour la fabrication de composantes des radars à Laayoune. Cela aurait eu certainement un impact positif en termes d’emploi. »
L’affaire est en tout cas loin d’être terminée. « Nous comptons user de toutes les voies de droit, y compris mettre Benkirane devant ses responsabilités. Le gouvernement est en train de faire quelque chose contraire à l’éthique du parti. »