Centre de transfusion sanguine: l’UMT et l’UGTM réagissent
Donateurs mineurs, pathologies graves, mauvais conditionnement… Les syndicats rejettent les accusations du ministère de la Santé.
Ils appellent aussi à l'élaboration d'un cadre légal précis pour les centres de transfusion sanguine.
La CDT santé vient de publier une mise au point concernant son implication dans l'élaboration du communiqué, conjointement signé par l'UMT et l'UGTM, concernant des accusations graves portées à l'encontre directeur du Centre national de transfusion sanguine et d'hématologie.
"A aucun moment nous n'avons été consultés pour l'élaboration de ce communiqué. Pourtant, à notre grande surprise, nous avons été cités avec les deux autres centrales syndicales. Ce texte comprend des accusations sans fondements et sans preuves, et notre but n'a jamais été de diffamer" lance, d'emblée, le Dr Mostafa Chanaoui, secrétaire général de la CDT Santé.
Parmi les accusations graves que comporte le communiqué, figure le prélèvement de sang auprès de personnes âgées de moins de 18 ans dans les établissements scolaires, sans l'accord de leurs parents ou tuteurs. Les syndicats accusent également un responsable, sans le nommer, d'avoir effacé les noms des personnes atteintes d'hépatite ou de syphilis de la base de données du Centre national de transfusion sanguine, et ce afin de les réintégrer parmi les donateurs.
Une autre accusation et non des moindres concerne le mauvais conditionnement de près de 17.000 poches de sang, entre le 18 et le 20 novembre 2013, avant d'être congelées, puis envoyées le 25 du même mois en France, afin qu'en soit extraite l'albumine qui sera ensuite distribuée aux patients marocains.
La réaction du ministère de la Santé a été de suspendre deux fonctionnaires du Centre régional de transfusion de Rabat, pour n'avoir pas été présents à leurs postes, et injoignables par téléphone.
Le SG de la CDT Santé dénonce une réaction abusive de la part du ministère: "nous soutenons les personnes qui ont fait l'objet d'une mise à l'écart par le ministère dans l'absence d'un cadre référentiel qui définit les responsabilités et le fonctionnement des centres de transfusion." En effet, le Dr Chanaoui constate que "la structure des centres n'est pas claire, et ils ne disposent d'aucune assise légale qui régit leur fonctionnement."
A ce propos, la CDT appelle à mettre en place un cadre légal permettant d'organiser les rapports entre les acteurs et les centres desquels ils relèvent. Le syndicat appelle également, entre autres revendications, à définir les horaires et les conditions de travail du personnel des centres, compte tenu du manque important en effectifs, et de l'absence de moyens et d'outils nécessaires à la bonne gestion de ces établissements.