Maroc-France. Abdellatif Hammouchi recevra la Légion d’honneur
C’est un retournement complet de situation. Il y a encore quinze jours, jamais on n’aurait pu imaginer pareille distinction. La France a en effet décidé d’offrir à Abdellatif Hammouchi, le patron de la DST marocaine, sa distinction la plus prestigieuse, les insignes d’officier de la Légion d’Honneur.
C’est Bernard Cazeneuve, ministre français de l’Intérieur, qui l’a annoncé ce samedi matin à Rabat où il achevait une visite de travail marquée par les retrouvailles sécuritaires.
Abdellatif Hammouchi, c’est ce haut responsable marocain, qui avait été ciblé par une convocation de la justice française qu’une escouade de flics avait tenté de remettre à l’ambassadeur du Maroc à sa résidence à Paris. C’est cet incident qui a déclenché la brouille entre les deux pays.
Entretemps, Abdellatif Hammouchi a été décoré de la plus haute distinction espagnole.
La deuxième Légion d’honneur de M. Hammouchi
M. Abdellatif Hammouchi sera décoré prochainement par la France des insignes d'officier de la légion d'honneur en reconnaissance de son action à la tête de cette direction en matière de lutte contre le terrorisme, a annoncé, samedi à Rabat, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.
"La France avait déjà eu l'occasion de distinguer M. Hammouchi en 2011 en lui attribuant le titre de chevalier de la légion d'honneur. Elle saura prochainement lui témoigner son estime en lui remettant cette fois-ci les insignes d'officier de la légion d'honneur", a-t-il dit lors d'un point de presse conjoint avec le ministre de l'Intérieur, M. Mohamed Hassad à l'issue de leur entretien à Rabat.
"Je veux à cet égard saluer l'action menée par la Direction générale de la surveillance du territoire en premier lieu par son directeur général, M. Abdellatif Hammouchi", a ajouté le ministre français.
Il a relevé que le rôle de cette direction est "déterminant dans la lutte que nous menons contre le terrorisme".
Le ministre français s'est félicité à cette occasion du professionnalisme des services de renseignement marocains et de la place du Maroc en tant que partenaire de la France dans le domaine sécuritaire.
"Cette coopération avec le Maroc dans le domaine sécuritaire, nous souhaitons continuer à l'approfondir", a ajouté le ministre français.
Le Maroc, un partenaire clé
Le Maroc est "un partenaire clé" de la France pour assurer la sécurité et lutter contre le terrorisme, a affirmé, samedi à Rabat, le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.
"Le Maroc est un partenaire clé pour assurer la sécurité et lutter contre le terrorisme. C'est tout d'abord vrai dans le domaine du renseignement, un domaine dans lequel l'expertise du Maroc est précieuse et dans lequel les services marocains ont réussi à démontrer toute leur efficacité en démantelant ces derniers mois plusieurs cellules et filières terroristes", a déclaré M. Cazeneuve lors du point de presse conjoint avec le ministre de l'Intérieur
Le ministre français a salué à cette occasion le professionnalisme des services de renseignement marocains et la place du Maroc en tant que partenaire de la France dans le domaine sécuritaire.
M. Cazeneuve s'est, dans ce sens, félicité de l'action menée par la Direction générale de la surveillance du territoire.
"Je veux à cet égard saluer l'action menée par la Direction générale de la surveillance du territoire en premier lieu par son directeur général, M. Abdellatif Hammouchi", a dit le ministre français, ajoutant que le rôle de cette direction est "déterminant dans la lutte que nous menons contre le terrorisme".
Le ministre français dit avoir convenu avec son homologue marocain de faire davantage encore dans les domaines de la lutte contre la migration irrégulière, le crime organisé et le trafic des stupéfiants.
Il a été également décidé de renforcer le champ opérationnel entre les services des deux ministères, les visites croisées entre les collaborateurs permettant d'approfondir ces relations.
La lutte contre la radicalisation est un autre champ de coopération à encourager avec le Maroc, selon le ministre français, d'autant plus, dit-il, que le Royaume "fait figure de référence grâce aux efforts déployés pour promouvoir l'Islam ouvert et tolérant, porteur d'espoir, auprès des Marocains à l'étranger mais aussi dans son environnement régional".
Il cite les programmes de formation d'imams étrangers menés par les autorités marocaines. "Nous avons sur ce terrain-là beaucoup de choses à faire ensemble", a-t-il dit.
Le ministre a saisi cette occasion pour réaffirmer "avec force la condamnation la plus sévère" des actes antimusulmans ayant suivi les récents attentats en France.
"Ceux qui s'en prennent à des musulmans en raison de leur croyance religieuse, s'en prennent à la République dans son ensemble. C'est inacceptable", a-t-il martelé.
"Nous avons beaucoup à faire avec le Maroc pour lutter contre toute forme d'amalgame et rappeler haut et fort que les actes barbares commis en France n'ont rien à voir avec l'Islam et ne peuvent d'ailleurs se revendiquer d'aucune religion ou culture", a-t-il dit avant de souligner que "face à la menace commune, le rétablissement de notre pleine coopération était une exigence et un souhait partagé. Elle montre que dans les moments difficiles, l'amitié entre le Maroc et la France est plus forte que tout".
Il a ajouté que "cette détermination commune à lutter contre le terrorisme et à promouvoir un message de tolérance doit reposer sur un climat de confiance réciproque", soulignant que l'accord du 31 janvier crée les conditions d'une coopération judiciaire efficace entre les deux pays.