Vers la fin des émissions TV sur la criminalité
Après la suspension d’une émission reconstituant des crimes, l’avenir de ce genre de programme est compromis.
Le ministre de la Communication Mustapha El Khalfi a affirmé, mardi, que le secteur de l'audiovisuel tend vers la révision et la suspension de la diffusion d'émissions traitant du phénomène de la criminalité.
Les deux émissions phares de la télé marocaine, "Akhtar Al Moujrimine" diffusée sur 2M et "Masrah Al Jarima" sur Médi1TV, qui proposent la reconstitution des crimes, ont suscité la polémique à cause des scènes jugées violentes et la "vulgarisation des techniques criminelles".
Suite à des critiques émanant des deux chambres du parlement sur les effets néfastes de ce genre d'émissions, notamment sur les mineurs, le gouvernement a pris une série de mesures animées par le souci de lutte contre la criminalité, a-t-il relevé en réponse à une question orale du groupe socialiste à la Chambre des représentants sur "le phénomène de la criminalité dans les émissions télévisées".
Le chef du gouvernement a adressé un courriel à la Haca à ce sujet, a-t-il fait savoir, notant que l'instance régulatrice a émis un avis sur le sujet le 14 décembre dernier, lequel a été transmis aux chaînes de télévision le mois dernier.
Jusqu'à ce jour, la diffusion de l'une de ces émissions a été suspendue et sera remplacée par une autre traitant de la réinsertion des prisonniers actuellement en cours de préparation, a fait savoir M.El Khalfi. Il a ajouté que d'autres émissions seront réalisées autour de modèles de réussite au sein de la société ou de personnes ayant fait preuve d'héroïsme.
D'autres émissions traitant de criminalité, a-t-il ajouté, sont en cours de révision, dans un souci de respecter le jeune public, la présomption d'innocence et la vie privée des personnes concernées par des sanctions privatives de liberté ou des condamnations à mort.
Lors de cette séance à la Chambre des représentants, le groupe socialiste avait évoqué la problématique de la criminalité et les effets néfastes des émissions traitant de ce sujet sur les mineurs, étant donné que plusieurs jeunes avaient perpétré des crimes inspirés de ce qu'ils ont vu à la télévision.
(Avec MAP)