Maroc-Algérie, les services secrets ont repris leur coopération
Malgré les orages, la coopération anti terroriste se remet en place, selon la presse algérienne.
La DGED marocaine et la DRS algérienne se voient chaque mois. Da'ech, l’Aqmi et la Libye les réunissent. Au menu: coopération anti-terroriste et meilleur contrôle de la longue frontière commune.
Selon des informations publiées par El Watan, des délégations d’experts des services de sécurité marocains et algériens, la Direction générale des études et de la documentation et la Direction des renseignements militaires se rencontrent une fois par mois, alternativement à Alger, ou Rabat ou Casablanca.
Ces réunions de liaison se tiennent régulièrement depuis septembre 2014 selon la même source. La montée du péril libyen, l’instabilité au nord du Mali et Da'ech et le recrutement de combattants ont incité les services des deux pays à se rapprocher.
C’est l’arrestation à Oujda la semaine d’un membre algérien de Jound al Khilafa qui a permis à certains observateurs de faire le lien entre différentes informations.
Dans une déclaration remarquée, le ministre algérien de la Justice a annoncé l’envoi d’une commission rogatoire au «Maroc frère» après l’arrestation d’un citoyen algérien membre du groupe terroriste Jound Al Khilafa arrêté récemment près d’Oujda.
Anti-terrorisme et frontière de plus de 1.500 km
Marocains et Algériens sont également réputés, lors de ces réunions mensuelles, effectuer au moins deux autres types de liaison et de consultation. Ainsi, les deux parties coordonnent, autant que possible, leur participation aux réunions internationales de l’Otan ou du groupe des 5+ 5 des pays du sud de l’Europe et du Maghreb.
Selon El Watan, Rabat est intéressé par toutes les informations sur les Marocains qui gravitent autour d’Aqmi dans le sud algérien ou dans le Sahel. Alger valorise la compétence marocaine en matière de pistage des financements du terrorisme en Europe et entre l’Europe et le Maghreb.
L’autre point qui a fait l’objet de nombreux échanges depuis l’été dernier est constitué par le contrôle de la frontière commune longue de plus de 1.500 km.
C’est au travers de ce groupe de contact qu’Alger et Rabat se sont mis d’accord pour renforcer le contrôle électronique de leur frontière. Dans un premier temps, la construction de 11 postes dotés d’instruments de surveillance électronique (lasers, infrarouges, senseurs, sas électrifiés) a été décidée. Certains chantiers ont démarré.