Statut particulier du corps enseignant: l'UNTM réagit
En dépit de l’urgence de la réforme, le nouveau décret ne devrait voir le jour qu’en mars prochain.
Le dernier statut particulier du corps enseignant du ministère de l’Education nationale date de 2003, et a été amendé à plusieurs reprises. Les syndicats professionnels et le ministère s’accordent à dire qu’il y a urgence de la réforme. Pourtant, le nouveau décret, annoncé pour décembre 2014, a été retardé, et ne verra le jour qu’en mars prochain.
Devant ce retard, l’Union nationale des travailleurs du Maroc (UNTM) s’indigne. Lors d’une récente session orale au parlement, le conseiller Abdelilah Halouti a insisté sur l’urgence de l’adoption du nouveau décret, tout en indiquant que « l’actuel statut ne répond pas à beaucoup de problèmes dont souffrent les enseignants du ministère de l’Education nationale. »
Contacté par Médias 24, le secrétaire général adjoint de la fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement affiliée à l’UNTM, Abdelilah Dahmane, précise : « le dernier statut particulier date de 2003, avant lui, il y avait le texte en vigueur datait de 1985. Pourtant, avec 18 ans de retard, le dernier décret reste incomplet. Et pour cause, il a été amendé 7 fois aux moyens de circulaires ministérielles, et ce à partir de l’année 2004. En tout, ce sont 43 articles qui ont été touchés. »
Durant la session orale devant la chambre des conseillers, le ministre de l’Education nationale Rachid Belmokhtar a imputé ce retard à une demande formulée par les syndicats. Chose que M. Dahmane dément : « les cinq centrales syndicales n’ont jamais demandé de report de l’adoption du décret. Elles ont peut être demandé le report d’une session thématique, mais n’ont jamais demandé de retarder l’adoption du décret au-delà de 2014… Il y a eu, manifestement, un malentendu. »
Avant de poursuivre : « les syndicats sont conscients qu’aucune réforme du système éducatif ne peut être faite sans une réforme globale et urgente du statut particulier du corps enseignant qui soit juste et équitable. »
Ce nouveau décret permettra d’uniformiser les parcours des enseignants, détailler les règles de promotion et de mutation, mettre en place des passerelles entre le corps enseignant et les cadres éducatifs… etc.
Le texte actuel étant, selon le SG adjoint, « lacunaire en ce qui concerne les catégories d’enseignants, les fonctions et les mutations, qui sont sujettes à interprétations. Il existe d’ailleurs aujourd’hui, des enseignants titulaires de doctorats qui enseignent dans les écoles primaires. Il faudrait valoriser leur travail et tirer profit de leurs savoirs et expériences, afin de servir au mieux le système éducatif national » estime M. Dahmane.