HCP: Reprise de la croissance en 2015 après un tassement en 2014
Selon le HCP, 2014 était mauvaise pour l’économie, mais légèrement bonne pour les finances publiques.
2015 serait mieux, tirant profit d’une campagne agricole qui s’annoncerait sous de bons auspices.
Le Haut Commissariat au Plan redresse ses prévisions pour 2014 et s’attend à de bonnes perspectives pour 2015.
Selon Ahmed Alami Lahlimi, Haut Commissaire au Plan, s’exprimant ce mardi 20 janvier à Casablanca, citant les estimations intégrant les dernières données 2014, la croissance économique pour l’année écoulée serait de 2,6% au lieu de 2,5% prédit par le même organisme en janvier 2014.
Le département piloté par Lahlimi a revu ainsi à la hausse ses prévisions pour 2014, tout en précisant que la performance de l’économie marocaine a été tâtonne, comme en témoignent les indicateurs avancés par le HCP. A commencer par la consommation des ménages dont la contribution aurait connu un ralentissement, s’établissant à 1,8% au lieu de 2,2% en 2013.
L’agriculture aurait, elle aussi, affiché une régression de 1,8% au lieu d’une progression annuelle de 19% en 2013. Le même tassement est relevé dans la pêche maritime. Résultat des courses: la valeur ajoutée du secteur primaire se serait repliée de 1,7% en 2014.
Contrairement à l’agriculture, le secteur secondaire se serait bien comporté. Sa valeur ajoutée a progressé de 3% au lieu de 0,3% en 2013.
Précision importante : Les mines auraient fait l’essentiel de cette performance avec une croissance de 11,5% en 2014, soutenue par une reprise des ventes des phosphates tant au niveau local qu’à destination des pays d’Afrique et d’Amérique Latine. La valeur ajoutée de l’industrie, elle, n’aurait progressé que de 1,8%, hors raffinage de pétrole.
Le bâtiment demeure en sous performance. Le ralentissement constaté en 2009, se confirme encore une fois en 2014.
Selon les données du HCP, les BTP demeurent pénalisés par le manque de dynamisme sur le marché immobilier. La croissance du secteur n’aurait pas excédé 0,4% contre 1,4 et 2,1% en 2013 et 2012. Tous les ingrédients se sont associés pour ralentir l’activité: baisse des achèvements de logements, des mises en chantier et jusqu’à le crédit aux promoteurs immobilier.
En revanche, le secteur tertiaire aurait profité de l’amélioration de la contribution de la communication. Selon le HCP, cette activité aurait enregistré une valeur ajoutée de 6% à fin 2014 contre 2,8% une année auparavant.
Malgré la mauvaise tenue des branches tourisme et restauration, le secteur tertiaire aurait terminé l’année 2014 sur une progression de 3,7%, ajoutant ainsi 1,7 point à la croissance économique globale.
En dépit du ralentissement affiché par l’économie, les finances publiques ont soufflé un peu. La baisse de la facture énergétique, enregistrée pendant le dernier trimestre 2014, a favorisé la contraction des dépenses de la compensation.
Selon le HCP, le déficit budgétaire aurait été de 45 milliards de DH, soit 5% du PIB au lieu de 48 milliards une année auparavant. En éliminant les intérêts de la dette publique, les finances publiques auraient dégagé un déficit de 2,3% du PIB en 2014 au lieu de 2,9% en 2013 et 4,5% en 2012.
Qu’en est-il en 2015 ?
Les prévisions du HCP pour 2015 demeurent positives, même si l’institution les entoure de précautions de révision.
Les données présentées par Lahlimi et son équipe demeurent tributaires des réalisations de la loi des finances 2015 et de l’évolution de la situation internationale.
Il n’en demeure pas moins que le HCP parle de certaines constantes positives. Ce serait le cas de la reprise de l’activité agricole qui affiche une bonne campagne 2014-2015. La progression de la valeur ajoutée attendue est de 9,3% pour l’agriculture.
Les secteurs non agricoles ne sont pas en reste. La progression prédite pour 2015 est de 4,1%. L’industrie et les mines feraient un bond à 3,5% en termes de valeur ajoutée alors que les services bondiraient de 4,5%. Des indicateurs prévisionnels qui établiraient la croissance en 2015 à 4,8%.
Après un léger ralentissement de la consommation des ménages en 2014, les prévisions du HCP tablent sur une reprise. Certainement, les données agricoles y sont pour quelque chose. Rappelons que la baisse de la consommation en 2014 a été fortement impactée par les performances du monde rural. Une bonne campagne agricole en 2015, mettra du cash sur le marché. Mais il faut attendre les ajustements possibles en juin prochain pour en être certain.
De son côté, la demande extérieure (dite aussi consommation extérieure), pourrait apporter du sien.
Selon les chiffres du HCP, les exportations des biens et services devraient enregistrer un accroissement de 6,7% en volume alors que les importations afficheraient une hausse de 7,7% en volume. Cette augmentation des importations pourrait être contrecarrée par la poursuite de la baisse des prix des produits énergétiques et des matières premières sur le marché international. Mais attention, les prévisions du HCP, bien que favorables au maintien d’un niveau bas du prix du pétrole, tablent sur un prix plancher en 2015 de 70 dollars le baril, en reprenant les pronostics d’instances spécialisées au niveau international.
Dans ce contexte, les finances publiques continueraient à naviguer en eau douce. Le déficit budgétaire serait de 4,5% du PIB en 2015, porté par la baisse des dépenses de la compensation et l’augmentation prévisible des recettes fiscales, induite par une reprise d’une économie sous l’effet d’une bonne campagne agricole.