Nouvel an amazigh: guerre entre partis, prudence des Amazighs
Des partis demandent à fériériser le 13 janvier. Les militants amazighs demandent l'officialisation mais dénoncent une récupération politique.
Le 5 janvier, Hamid Chabat, secrétaire général du parti de l'Istiqlal a appelé les membres de son parti à considérer le 13 janvier, jour du Nouvel an amazigh, comme férié. Un appel auquel ont répondu les députés du parti, les adhérents, les membres et les employés des structures de l'Istiqlal, ainsi que plusieurs istiqlaliens exerçant dans la fonction publique.
Pour M. Chabat, cette "grève" s'explique par une volonté d'officialiser le Nouvel an amazigh, à l'instar du nouvel an grégorien et du Nouvel an musulman. Deux pierres d'un coup: les militants du parti ayant été conviés à rejoindre Ajdir, où l'Istiqlal organisait un événement pour le Nouvel an amazigh, M. Chabat craignait que, tenus par leurs obligations professionnelles, les istiqlaliens fassent défaut.
Une partie du PJD n’y voit qu’une énième lubie du secrétaire général de l'Istiqlal, alors que cette demande trouve un vrai écho au sein d’une grande partie de l’opinion.
Dans une question écrite adressée au ministre de la fonction publique, le député PJD et SG des jeunesses du parti Khalid El Boukarai s'est inquiété des retombées de l'appel de M. Chabat, et s'est enquis des sanctions - si sanctions seront prises - à l'encontre des absentéistes. En filigrane pesait la crainte de voir les appels futurs de ce genre séduire, au delà des istiqlaliens, des Amazighs politisés ou non.
Si certains militants amazighs se sont félicités du ralliement, jusque là insoupçonné, de l'Istiqlal à leur cause, d'autres invitent l'opinion publique "à ouvrir les yeux sur cette manipulation".
"L'Istiqlal est un parti de l'arabisation tous azimuts, du rêve d'un grand Maghreb exclusivement arabe. On ne nous fera pas croire que, du jour au lendemain, il a changé de position sur la question amazighe et qu'il a subitement découvert le calendrier amazigh. Il s'agit d'un coup de récup' nouveau, agrémenté d'éléments de langage anciens, pour attirer le maximum d'électeurs lors des élections communales où, on le sait, les régions à forte dominante amazigh comptent beaucoup", accuse un militant amazigh.
Mounir Kejji, militant associatif et politique amazigh, estime également que la démarche de l'Istiqlal relève de "l'opportunisme politique", en affirmant que le parti de la balance "était, avec le PJD, contre l'officialisation du tamazight (NDLR: la langue amazigh)".
Notons que l’USFP également demande une journée fériée pour le Nouvel an amazigh.