De nouveaux outils pour lutter contre la pollution
Le laboratoire national lance des unités mobiles capables de mesurer la pollution. Il accompagne aussi le secteur privé dans sa mise à niveau.
La pluie s'est invitée à la cérémonie d'inauguration du Laboratoire national des études et de surveillance de la pollution, ce vendredi 16 janvier, à Rabat. Massés sous leurs parapluies, de nombreux officiels ont suivi assidument la présentation livrée par la ministre de l'Environnement, Hakima El Haite, enthousiaste.
Et pour cause ! Suite aux récents réaménagements et à son extension, cet instrument scientifique et technique flambant neuf répondra aux exigences de mesures de taux de pollution et dispose de moyens inédits afin d'assurer sa mission.
Mohammed El Bouch, directeur de Laboratoire de l'environnement,déclare à cette occasion que l'institution garantira « la surveillance de la qualité de l'air, des sols et sédiments, ainsi que des eaux des nappes phréatiques et celles présentes à la surface ». « Le laboratoire contrôlera également les rejets polluants et accompagnera les collectivités locales sur des conflits ou questions environnementales », ajoute le scientifique.
Mesurer la pollution là où elle se produit
Ces missions de terrain seront facilitées par les nouveaux équipements détenus par le laboratoire : des unités mobiles autonomes « effectuant des mesures in situ », affirme la ministre. Ces laboratoires sur roues renferment toute la technique nécessaire pour récolter des échantillons, procéder à de premières analyses de éléments polluants, des déchets aux métaux lourds, en passant par les micro-particules. Un arsenal nécessaire amené à être renforcer régulièrement. La ministre signale à cet effet « que l'achat d'une ou deux nouvelles unités mobiles chaque année » est d'ores et déjà prévu.
Si la priorité du gouvernement consistait « à assoir une vision en matière d'Environnement », rappelle la ministre, il est désormais clair que l'heure est à l'action ! « Nous nous activons sur la formation de spécialistes au ministère » et «pouvons compter sur un plan juridique » exhaustif afin d'atteindre les objectifs fixés, précise Hakima El Haite, tout en s'appuyant sur une police de l'environnement aux compétences élargies.
Et d'ajouter que l'un des rôles principaux de ce nouveau laboratoire est « d'outiller les partenaires de la police intérieure, de la gendarmerie » qui pourront, grâce à ces nouveaux équipements mobiles, intervenir « en cas d'urgence sur les points noirs, tels que Casablanca, Mohammédia ou encore Kenitra ». « Après l'identification des sources polluantes, l'objectif constiste, à terme, à permettre qu'un agent de la circulation puisse verbaliser » s'il constate un manquement aux normes environnementales.
Au service du secteur privé
La ministre de l'Environnement précise par ailleurs qu'une planification annuelle sera envisagée afin de définir des programmes « d’assainissement liquide, aérien, et des sols » et permettra également de « rendre service au secteur privé ». Le laboratoire d’État, doté d'une autorité reconnue et facilitant l'arbitrage des conflits, permettra « de fournir [à des industriels et des représentants de la sphère privée, ndlr] des certifications de conformité aux normes environnementales ».
Cette assistance promise aux industriels marocains sera assortie d'un « fonds [gouvernemental, ndlr] visant à accompagner et subventionner les actions de dépollution », le Fodep. Ces initiatives assureront « le respect de la réglementation environnementale, permettront de mettre à niveau les industries nationales en prévision de la globalisation du marché international et de réduire les émissions industrielles liquides, solides et gazeuses et d'économiser l'utilisation des ressources naturelles ».
Le gouvernement, examinant les projets éligibles à l'obtention de ces subventions, garantit le financement via le Fodep, à hauteur de 40% les projets de traitement des rejets et de 20% « les projets d'économie de ressources et de changements de procédé ». A ce jour, le Fodep a financé 118 projets, pour un montant global 650 MDH dont 248 MDH sous forme de dons.