Les Marocains et la politique: un sondage surprenant
Un sondage révélé vendredi 9 janvier par la fondation Abderrahim Bouabid montre un désintérêt croissant des Marocains pour les échéances électorales.
23 ans après la mort du fondateur de l’USFP, sa fondation a présenté les résultats d’un sondage réalisé avec la société Averty qui porte sur «les motivations du vote électoral».
Effectué auprès de 1.048 personnes réparties sur 40 zones du Maroc, cette consultation s’est intéressée à la perception de la vie politique et sur l’utilité du vote par les Marocains.
La principale conclusion est qu’à quelques mois des élections communales, une bonne partie du corps électoral marocain n’a pas l’intention de se rendre aux urnes. Pour les prochaines élections communales, 44,3% des sondés ont fait part de leur volonté de voter alors que 27,2% de l’échantillon déclarent qu’ils ne voteront pas et 28,5% n’est pas encore fixé.
L’étude revient à l’aide de chiffres sur le peu d’intérêt des jeunes de moins de 34 ans pour la vie politique. Seuls, 43,8% d’entre eux sont inscrits sur les listes électorales et 23,3% des personnes ne savent toujours pas si elles vont s’inscrire. 64% des 18-24 ans ne comptent pas voter lors des prochaines élections communales et 17,2% ignorent s’ils comptent même s’inscrire sur les élections.
Concernant le planning électoral, 58,5% des sondés connaissent la date des futures élections communales, 29% l’ignorent et un peu plus de 40% ignorent la date des élections législatives à venir (2016).
On apprend aussi que 85% du corpus sondé déclarent qu’ils ne sont ni militants ni même sympathisants politiques et que seuls 17% sont encartés politiquement.
Hormis la désaffection électorale, on apprend également que 38,7% des sondés ne connaissent pas le nom de leurs élus locaux et ne savent pas qui exerce la responsabilité au niveau local.
Seuls 19,7% d’entre eux connaissent l’identité du président de leur communedont 25% d’hommes et seulement 9% de femmes.
34,5% des sondés pensent à tort que le pouvoir local est détenu par les gouverneurs, walis ou caïd qui sont en réalité des agents d’autorité.
5,6% des Marocains interrogés s’emmêlent les pinceaux en assurant que le pouvoir local est assuré par les parlementaires alors que 21,1% avancent qu’il est assuré par les conseils municipaux ou de la ville.
Si 64% des sondés pensent que l'action politique est essentielle pour le développement du Maroc et 49,7% pensent que la priorité d’un conseil municipal doit être la propreté et le traitement des déchets, 37,8% la gestion des services de l’état civil, 36,7% l’électricité et assainissement et 34,9% l’entretien des routes.
24,7% veulent renforcer la démocratie locale alors que 13,2% annoncent qu’ils veulent faire gagner un candidat issu de leur mouvance politique.
Enfin, l’honnêteté des candidats est le principal critère de vote pour 52,2% des sondés et le 2e critère est la compétence des candidats pour 38,7% du total des sondés.
