Cnops, pourquoi une nouvelle stratégie s’impose
A cause des révisions légales élargissant son périmètre opérationnel, l’union rassemblant certaines mutuelles de la fonction publique s’apprête à réviser sa stratégie.
2015 sera l’année du premier déficit de la Cnops, Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale. En effet, la caisse, qui est une union de plusieurs mutuelles d’agents de l’Etat, des fonctionnaires civils à la police et aux forces auxiliaires, connaîtra un déséquilibre de l’ordre de 313 millions de DH à la fin de l’année courante.
S’il ne déteint pas sur la santé financière globale de la Cnops, ce début de déséquilibre a néanmoins poussé la direction de la Caisse et définir une nouvelle stratégie pour assurer la pérennité du système.
Selon Adnane Abdelaziz, le directeur de la Cnops, la consommation des prestations a évolué de 10% entre 2006 et 2014, alors que les cotisations n’ont évolué que de 5%. Un décalage qui est amené à se creuser, à cause de nouvelles dispositions légales prévoyant l’accueil de 300.000 personnes supplémentaires dans le système, en ouvrant la Cnops aux étudiants universitaires, et en y intégrant des caisses internes d’institutions (comme l’ONCF, qui rejoindra la Cnops en juillet 2015).
Par ailleurs, Adnane Abdelaziz prévoit "le renchérissement de certaines prestations, comme les tarifs de certains actes inscrits actuellement dans le cadre des négociations tarifaires avec les producteurs de soins, le remboursement sur la base de la TNR (tarification nationale de référence, ndlr) des soins dentaires et l’admission au remboursement de médicaments coûteux". Ces éléments pris en compte, Adnane Abdelaziz estime que le déficit réel de la Cnops en 2015 sera plutôt de 678 millions de DH.
La direction de la Cnops a donc présenté une stratégie à trois axes à sa tutelle. "Cette stratégie comprend le déplafonnement des cotisations, la révision des taux et la mise en route de mesures prudentielles pour maîtriser les dépenses de soins de santé," affirme M. Abdelaziz. L’action qui semble la plus urgente est le déplafonnement des cotisations, proposition faite en 2010 mais qui n’a jamais été adoptée.
"Cette mesure, qui rentre dans le cadre de la justice sociale, prive la Cnops de plus de 300 millions de DH annuellement car 7% de nos assurés perçoivent un salaire de plus de 16.000 DH et cotisent à un taux inférieur à 5%". En revanche, la révision des taux de cotisations sera inscrite dans le moyen-terme.
Le directeur de la Cnops appelle, enfin, les autorités concernées à "prendre des mesures concrètes pour sévir contre le non-respect de la tarification nationale de référence, la pratique notoire du paiement en noir, le chèque de garantie et la maîtrise médicalisée des dépenses".