Driss Lachgar nie le droit à la différence dans le champ partisan
Attaques contre le parti, position vis-à-vis du courant, patrimoine du parti, sont les points qui figuraient à l’ordre du jour de la commission administrative nationale de l'USFP.
Les portes de la dissidence au sein de l'USFP se referment l'une après l'autre.
Après la suspension controversée d'Ahmed Reda Chami et d'Abdelali Doumou, la commission administrative nationale de l'USFP a rappelé la légitimité de sa décision, qui s'appuie sur le refus des courants lors du dernier congrès icthtiraki, ainsi que la diffamation dont se seraient rendus coupables MM. Chami et Doumou, en "portant atteinte au parti et à ses institutions" lors de la rencontre organisée par le courant samedi 20 décembre, selon la commission administrative.
La commission administrative nationale a aussi rappelé que l'USFP comporte des structures à même de désamorcer les conflits au sein du parti, comme la commission nationale d'arbitrage et de déontologie et celle du contrôle des finances et du patrimoine.
L'USFP se dirige vers un renforcement des structures de supervision et des lois internes les régissant, afin d’œuvrer pour la construction du "parti-institution", selon les termes de la commission. Cette annonce fait craindre que les prérogatives desdites commissions ne débordent du cadre initialement défini pour s'attaquer à toute forme de déviance.
Il a aussi été recommandé au bureau politique d'accélérer le transfert des biens du parti au nom de l'USFP, "en ayant recours aux procédures légales si nécessaire, pour protéger ces biens", selon les termes de la commission.
Discours de Driss Lachgar
Dans son allocution lors de la réunion, le premier secrétaire du parti Driss Lachgar a estimé que "l'expérience des courants (...) ne se fonde pas sur le mécontentement, mais sur des thèses mures, presque philosophiques" (sic).
Il a aussi contesté le droit à la différence revendiqué par les membres du courant, en déclarant que le droit à la différence n'a pas de place dans le champ partisan, car "il a été développé pour la gestion des peuples, non des partis".
Le droit à la différence, toujours selon M. Lachgar, "permettait de gérer la diversité culturelle dans les société aux multiples racines (..), avant qu'il ne devienne ce vulgaire concept qui renforce les pulsions individualistes dans l'occident, invoqué par les homosexuels, les végétariens, les démagogues et les marginaux".
Il a, également, accusé ses opposants de "mener une campagne médiatique de chantage et de diffamation, en collaboration avec des adversaires politiques qui ont la mainmise sur l'audiovisuel, et les groupes d’intérêts privés qui contrôlent la majorité de la presse notamment électronique".