Driss Lachgar: “La suspension de Chami et de Doumou s'imposait”
Le 1er secrétaire de l'USFP s’est exprimé sur la crise interne et a déploré le traitement médiatique réservé à son parti.
Driss Lachgar, invité de l'émission 90 minutes pour convaincre sur Médi1TV jeudi 25 décembre a farouchement défendu son bilan.
"Voici la situation, telle que j'ai trouvée: en ce qui concerne les biens du parti, le parti avait perdu sa maison d'édition, et sa participation à Sapress. L'USFP dépensait ses propres revenus pour sa communication partisane".
La situation politique n'était pas meilleure, selon M. Lachgar: "En 15 ans, aucun secteur n'a tenu de rencontre nationale, et la chabiba était gelée depuis plus de 8 ans". Durant le précédent mandant, "aucun congrès provincial n'a été tenu".
M. Lachgar a reproché, "à ceux qui veulent autoriser les courants aujourd'hui", d'avoir été "ceux qui les refusaient catégoriquement", dans une allusion claire à Mohamed El Yazghi, qui a déclaré il y a quelques mois être désormais favorable aux courants.
"Lors du neuvième congrès, on s'est mis d'accord sur le référentiel idéologique, et sur le programme politique (...). On s'est mis d'accord sur la stratégie, les coalitions (...) et également sur le fait qu'il ne peut y avoir de courants. Le droit à la différence, le droit à la libre expression, et le droit de dire "mais" sont garantis par notre charte, mais seulement au sein de l'institution" ichtiraki, a expliqué M. Lachgar.
Il a aussi reproché au courant Ouverture et démocratie de s'adonner à un déballage médiatique des affaires internes du parti.
Le premier secrétaire de l'USFP a, également, reproché aux médias de sur-médiatiser les événements se déroulant au sein du parti: "pourquoi, quand les membres du bureau du secteur de la santé à l'UNTM (NDLR: syndicat proche du PJD) ont démissionné après avoir soutenu la grève nationale (l'UNTM avait désavoué leur prise de position), personne n'en a parlé ?"
"Les chaines officielles ont refusé de couvrir notre congrès provincial à Oujda alors que ça rentre dans notre quota du temps d'antenne, et ont préféré parler de l'activité du courant le 20 décembre", a-t-il poursuivi.
M. Lachgar a aussi expliqué la suspension de MM. Chami et Doumou s'imposait d'elle même."J'avais le choix entre attendre le 25 janvier (NDLR: date à laquelle le courant décidera de rester ou de quitter l'USFP), et laisser leur front s'élargir ou réagir".
L'attente n'est, selon lui, pas permise, "alors qu'il nous reste à peine quelques mois avant les élections".