Mondial 2026, ces événements qui décrédibilisent le Maroc
Les couacs à répétition survenus lors des Coupes du monde des clubs 2013 et 2014 affaiblissent les chances du pays pour le Mondial 2026.
Bien qu’il ait été écarté à quatre reprises, en 1994, 1998, 2006 et en 2010, c’est-à-dire toutes les fois où il s’est présenté, le Royaume nourrit toujours l’espoir de voir sa candidature aboutir.
Pour mettre toutes les chances de son côté et montrer qu’il est capable d’accueillir la prestigieuse compétition, le pays s’était mobilisé pour l’organisation des Coupes du monde des clubs 2013 et 2014 et la Coupe d’Afrique des nations 2015.
«La réussite des prochaines Coupes du monde des clubs et de la Coupe d'Afrique nous permettra sans doute de montrer à la FIFA que nous sommes capables d'organiser la Coupe du monde», assurait en septembre 2013 Moncef Belkhayat. Sauf qu’aujourd’hui, le plan n’a pas fonctionné comme prévu…
Amateurisme et improvisation
En effet, comment peut-on oublier la Cérémonie d’ouverture de la coupe du monde des clubs 2013, édition également marquée par des insuffisances au niveau de l’organisation. Pour cette première expérience, les défaillances organisationnelles ont été masquées par la prestation du Raja et l’émotion qu’elle a suscitée.
Pour ce qui est du second joker, et comme chacun le sait, le Maroc n’organise plus la CAN 2015, après qu’il a demandé le report de la compétition en raison de l’épidémie d’Ebola.
Cette demande, qui a entraîné la disqualification automatique de l’équipe nationale de la compétition, a été très mal accueillie. L’argument marocain a été jugé peu convaincant par plusieurs acteurs, au premier rang desquels la CAF. En outre, la communication officielle et le bras de fer avec l’instance qui gère le football africain ont été pointés du doigt par la presse marocaine.
Pour finir, l’organisation de la Coupe du monde des clubs 2014 est loin d’être une réussite. Les images montrant des jardiniers armés d’éponges et de raclettes essayant d’essorer une pelouse transformée en patinoire ont suscité une vive polémique au Maroc ainsi que la moquerie à l’étranger.
Une polémique qui s’est amplifiée avec la délocalisation du match d’entrée en lice du Real Madrid en raison de l’état défectueux de la pelouse, au point qu’aujourd’hui, des milliers de Marocains réclament la démission du ministre de la Jeunesse et des sports et n’hésitent pas à rappeler que le stade de Rabat a été récemment rénové pour 220 millions de DH.
«Ces événements qui sentent l’improvisation et l’amateurisme ont non seulement compromis sérieusement les chances du Maroc d’abriter la Coupe du monde 2026, mais ont également offert une illustration particulièrement parlante à son incapacité à accueillir cette compétition», analyse un journaliste sportif. En effet, comment la FIFA peut-elle confier l’organisation de sa plus grande compétition à un pays qui déplace ses matches après une seule journée de pluie ?
«Mais l’événement qui nous décrédibilise le plus aux yeux de la FIFA, c’est sans conteste l’invalidation des élections au sein de la Fédération royale marocaine de football en raison de statuts non conformes avec ceux de la FIFA», ajoute-t-il.
En novembre 2013, le comité d’urgence de la FIFA avait en effet invalidé l’élection de Fouzi Lekjaa comme nouveau président de la FRMF, dans un contexte très tendu et après des heures de négociations, évoquant la non-conformité des statuts de l’instance.
Ce n’est que 6 mois plus tard que la FRMF a pu entrevoir le bout du tunnel. Mais il n'est pas sûr que la FIFA ait oublié cet épisode.
Un pays qui ne rayonne plus par le football
Pour ce qui est de l’aspect sportif, la situation est pour le moins critique. Le Maroc ne cesse de régresser dans le classement mondial des équipes nationales de la FIFA, et pointe désormais au 81e rang.
Depuis 2004 et la défaite en finale africaine face à la Tunisie, le Maroc a du mal à mettre en place une équipe performante. Sa dernière participation à une coupe du monde remonte à 1998. Et si par miracle, le Maroc venait à se qualifier pour la coupe du monde 2018, il aura été absent de la plus prestigieuse compétition sportive au monde durant 20 années.
«Or, le rayonnement d’un pays par le football est un argument de poids pour convaincre la FIFA de lui confier l’organisation de la Coupe du monde, à moins que le pays en question dispose de moyens considérables comme le Qatar ou la Russie,» nous confie un fin connaisseur.
Aujourd’hui, le temps est à l’autocritique. S’il ne tire pas la leçon de ces derniers couacs, le Maroc ne peut être perçu comme un candidat pour l’organisation de la Coupe du monde 2026. En attendant, qu'on ne se raconte pas d'histoires: nous sommes loin des standards internationaux.