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Au FMDH, un débat sur la liberté de conscience

La liberté de conscience s’inscrit comme une étape cruciale dans le processus de maturité d’un Etat moderne. La thématique a été abordée lors forum mondial des droits de l’Homme, grâce au collectif Damir. Retour sur les moments forts de cette rencontre.  

Au FMDH, un débat sur la liberté de conscience
Amine Belghazi
Le 30 novembre 2014 à 16h26 | Modifié 30 novembre 2014 à 16h26

C’est dans des termes emprunts de poésie et de sagesse que l’artiste de l’UNESCO et compositeur émérite libanais, Marcel Khalifé s’est exprimé pour donner sa vision de la liberté de conscience: «il existe trois facteurs qui oppriment la raison et qui altèrent la critique. Ce sont la religion, la société et la politique.»

Ces propos résument avec brio l’ensemble des interventions qui se sont succédé. Car, malgré le fait que, dans quelques pays arabes, le changement de confession n’entraîne pas de peines d’emprisonnement, l’acte reste passible d’une suspension des droits civils. En Jordanie par exemple, «l’apostat est assorti d’un retrait de l’ensemble des droits civils. La nationalité et le passeport sont retirés, le divorce est prononcé dans le cas où la personne est mariée selon le droit jordanien, et l’accès au travail comme à l’héritage est annulé,» témoigne l’avocat jordanien Haytham Munir Micha’il.

Dans la région, la Tunisie est érigée en modèle de référence. Car, si la liberté de culte a été constitutionnellement garantie depuis 1959, la liberté de conscience n’a été insérée qu’en 2014 dans le texte de la nouvelle constitution tunisienne. La nuance est de taille. En Tunisie, tout citoyen peut se convertir à n’importe quelle croyance (ou non-croyance) selon ses propres convictions, à tout moment, et autant de fois que sa conscience le lui dicte.

La liberté de conscience entraîne une série de changements politiques.

En effet, selon l’article 18 de la déclaration universelle des droits de l’Homme, l’individu a le droit de pratiquer sa religion librement, dans la sphère privée ou dans le champ public. L’Etat se porte garant de son intégrité physique et morale.

Toutefois, le penseur tunisien Ali Mezghani relève une incohérence dans l’élaboration de la constitution tunisienne: «la Constitution tunisienne dispose aussi que l’Etat garantit la protection des croyances et du sacré. Cette notion est en lien avec le référentiel d’un groupe d’individus, et non pas de la conscience dans sa globalité» alors que «la conscience est centrée sur l’individu, dans sa particularité.»

Dans ce sens, le docteur d’Etat et professeur universitaire Abdessamad Dialmy ajoute que «la religion d’un peuple ne doit pas être la religion d’une nation». Selon lui, il faudrait se diriger, au fur et à mesure, vers un modèle de société où la religion relèverait exclusivement du domaine privé. A l’école notamment, où Dialmy préconise de rendre l’enseignement de la matière de l’éducation islamique facultatif.

«Dans un premier temps, le Maroc devra se diriger vers un modèle d’enseignement anglais, un enseignement de compromis, où coexistent des écoles publiques et privées laïques, en plus des écoles privées religieuses. Dans une deuxième phase, le Maroc devra s’orienter vers un modèle d’exclusion, à l’image du modèle français, où toutes les écoles publiques seront laïques. Les écoles islamiques ne seront présentes que dans le privé», estime le docteur d’Etat.

A noter au final que cet événement a été entaché par l’intervention verbale inopinée de quelques membres du mouvement d’attawhid wal islah, proche du PJD. La petite friction a eue lieu lorsqu’un jeune militant pour les libertés a pris la parole pour dénoncer l’intervention des islamistes lors de l’élaboration de la première mouture de la constitution 2011, afin de supprimer l’article sur la liberté de conscience.


 

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Amine Belghazi
Le 30 novembre 2014 à 16h26

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