Le Maroc va renforcer la protection des journalistes
Présent à l’atelier intitulé protection des journalistes et lutte contre l’impunité, à l’occasion du forum mondial des droits humains, le ministre de la communication Mustapha El Khalfi a donné quelques grandes lignes de la réforme du code de la presse.
Le ministre de la communication Mustapha El Khalfi a déclaré, à l’occasion d’un atelier sur la liberté de la presse, que «les chiffres présentés par le syndicat de la presse ne prennent certainement pas en compte toutes les affaires d’agression, car tous les journaux ne diffusent pas les informations sur les agressions que leurs journalistes ont subies. Et elles ne sont, de ce fait, pas toujours répertoriées.»
Le ministre a également promis que le nouveau code de la presse luttera, efficacement, contre les agressions et les pressions exercées sur les journalistes pendant l’exercice de leur mission.
Un observatoire sera donc créé et permettra un meilleur traitement des affaires. En effet, dès l’observation des cas de violence, l’inspecteur général sera alerté. Ce dernier transmettra le dossier aux autorités compétentes, le ministère de la Justice sera automatiquement informé, et les autorités judiciaires saisies, et cela, sans besoin d’un dépôt de plainte de la part de la victime de violence.
Une grande avancée est également constatée au niveau du champ de définition de l’atteinte à la liberté de la presse. Elle sera élargie. «La définition de l’agression ne se limite pas aux cas de violences ou de tortures. D’autres nouvelles formes d’agressions existent, telles que l’atteinte aux sources des journalistes, le piratage informatique, la fermeture des sites d’informations…etc. la définition de l’agression est également élargie aux menaces contre les journalistes ou leurs proches, ou aux chantages,» a déclaré El Khalfi.
Dans une logique de transparence, le ministre a indiqué que les dossiers pour atteinte au droit d’informer seront, selon les dispositions du nouveau code de la presse, publiquement accessibles. Une autre mesure oblige le gouvernement à répondre dans un délai n’excédant pas deux mois à partir de la constatation de l’agression.
A noter également que «le nouveau code de la presse réservera un paragraphe entier aux dispositions sur les agressions de journalistes, au lieu de se contenter d’un alinéa. Il s’articulera autour de la protection des journalistes dans un premier volet, et se penchera sur les instruments institutionnels qui garantissent cette protection» a noté El Khalfi lors de l’atelier.