Courant Zaïdi : la décision de rejoindre l’UNFP sera prise le 20 décembre
Le député contestataire Abdelali Doumou explique les 3 scénarios possibles pour les dissidents : rester au sein de l’USFP, créer un nouveau parti, ou -solution la plus probable- intégrer l’UNFP.
Le courant contestataire Ouverture et démocratie a annoncé mercredi 19 novembre la tenue d’une concertation le 20 décembre prochain pour trancher sur une éventuelle scission avec l’USFP.
Un des chefs de file du courant frondeur, le député Abdelali Doumou, déclare que la concertation qui aura lieu le 20 décembre prochain réunira 1.000 militants de son courant et d’autres partis amis progressistes venus de tout le Maroc.
Cette réunion aura pour objectif de poser un diagnostic précis sur la crise qui divise l’USFP et surtout de définir des alternatives pour y remédier.
Selon notre interlocuteur, à l’issue de la journée cruciale du 20 décembre, trois options s’offriront aux contestataires pour contrer l’autoritarisme de « Driss Lachgar qui a érigé l’allégeance en doctrine politique ».
1) Ils pourront rester au sein des instances de l’USFP et tâcher de relancer la pensée politique d’une structure qui a tournée le dos à la société. Cette option paraît cependant peu crédible car la rupture est consommée après de nombreux essais infructueux de réconciliation. Hormis les frondeurs qui ne veulent pas perdre leur mandat de député, les autres membres du courant de feu Zaidi sont déterminés à quitter le navire.
2) La création d’un nouveau parti politique prôné par Abdelali Khaïrate, patron du quotidien Al Ittihad Al Ichtiraki est une possibilité incertaine qui prendrait trop de temps à être mise en œuvre. A la veille des élections communales de 2015, le risque est de ne pas être en mesure de constituer une assisse électorale. A cela, il faut ajouter le fait qu’à moins de trouver des sponsors généreux, le financement de cette nouvelle entité politique sera compliquée.
3) L’option la plus probable à laquelle M. Doumou est favorable est d’investir massivement les rangs de l’UNFP qui doit d’ailleurs tenir son congrès avant la fin de l’année en cours. Ce parti dispose d’un local et d’un patrimoine qui permettra aux transfuges de l’USFP de se présenter en ordre de bataille aux futures élections communales et législatives. Les députés contestataires qui devront abandonner leur mandat électif de l’USFP auront le temps de se préparer à affronter les urnes populaires.
Cette dernière alternative a les faveurs du député Doumou pour faire face à un parti qui connaît une « dégénérescence génétique au plan humain et politique ». Il conclut que ni lui ni ses compagnons de route « ne reconnaissent plus personne au sein des commissions de l’USFP car Driss Lachgar a verrouillé le parti en plaçant ses hommes de main partout ». Il lui semble donc préférable d’investir l’UNFP qui est la matrice originelle du parti de la rose.
En intégrant les rangs d’un parti politique dont plus personne ne se souvient, les contestataires prennent cependant le risque d’être assimilé à une idéologie passéiste.