Une étude de Telquel: Ce que pensent les Marocains
Une étude réalisée par Telquel nous apprend que l’insécurité, la corruption et le chômage arrivent en tête des préoccupations des Marocains. Autre enseignement: la moitié des femmes Marocaines sont contre l’égalité homme-femme en matière d'héritage.
Les Marocains sont-ils xénophobes? Sont-ils favorables à l'égalité homme-femme en matière d'héritage, à l'usage de la darija en tant que langue véhiculaire de l'enseignement ou encore à l’interdiction de la polygamie? Une étude menée par Telquel et TNS, dévoilée mercredi 19 novembre, s'est intéressée à la perception qu'ont les Marocains sur des sujets de société qui font largement polémique dans nos contrées. Les résultats sont parfois surprenants!
Entre autres enseignements, l'on apprend que 58% des Marocaines sont défavorables à l'égalité homme-femme en matière d'héritage, quand elles ne sont que 32% à se déclarer pour.
A la question de savoir comment nos compatriotes s’identifient par rapport à certaines appartenances, 66% des sondés s’identifient en premier lieu à la religion, 24% au Maroc, 6% à l’origine (Amazigh, Aroubi, Fassi, etc.), 1% au monde arabe et le reste (donc personne) à l’Afrique…preuve que l’identité africaine demeure largement reniée par nos concitoyens.
L’étude tente également d’analyser le ressenti de la société marocaine dans le domaine sécuritaire.
Ainsi, 64% des personnes interrogées considèrent que l’insécurité représente un problème pour elles, alors que 34% estiment que la situation est en train de s’améliorer au Maroc.
Sans surprise, la corruption figure en tête de liste des préoccupations des Marocains. Ainsi, 11% des personnes interrogées estiment que la situation s’améliore, alors que 79% considèrent le sujet comme une priorité. Il s'agit, il faut le préciser, de perception de la corruption, car il est impossible de mesurer la corruption, par définition secrète ou discrète.
Sur l’immigration, et c’est là que le bât blesse, une grande partie pense qu’il y a trop d’immigrés africains au Maroc et que la priorité doit être d’abord donnée aux Marocains.
L’étude s’est également penchée sur la question linguistique marocaine.Le résultat est édifiant: le décalage entre les langues maternelles et les langues d’enseignement a encore de beaux jours devant lui. En clair, les trois-quarts des personnes interrogées placent comme langue prioritaire l’arabe, outil de la transmission du savoir depuis la fameuse arabisation des années 80. Viennent ensuite le français (9%), l’anglais (5%), l’amazigh (4%) et la darija (4%).
Outre cette thématique sociale, l’étude apporte un éclairage quant à la perception par nos concitoyens des questions économiques et politiques liées à la conjoncture actuelle. Les résultats complets ainsi que l’analyse paraîtront dans le prochain numéro de l’hebdomadaire. Ils seront également diffusés progressivement sur le site telquel.ma.
Il convient de noter que cette étude téléphonique menée auprès d’un échantillon de 1.000 personnes sera actualisée annuellement et servira à terme de baromètre.