Une bombe dans le secteur pétrolier: le gouvernement veut libérer totalement les prix
L’annonce a fait l’effet d’une bombe: le gouvernement a l’intention de libérer totalement les prix des carburants. Chaque opérateur sera libre de fixer sa marge. Les opérateurs sont d’accord, mais prudents.
Le chef du gouvernement a confirmé mardi au parlement la fin des subventions sur les carburants, qui interviendra le 31 décembre prochain. Cette annonce confirme l’arrêté du 24 janvier 2014, pris conjointement par les ministres de l’Economie et des finances, de l’Energie et des Affaires générales.
Si les carburants ne sont plus subventionnés, que deviendront les prix? Pourront-ils être considérés comme libres ou bien l'Etat continuera-t-il à fixer les marges?
A l’origine, c’est parce que les prix des carburants sont subventionnés qu’ils sont fixés par l’Etat. C’est ce que stipulent les textes sur la liberté des prix et la concurrence.
Donc, le 1er janvier, la question se posera pour les carburants.
Mercredi matin, une source autorisée apprenait à Médias 24 que les taxes de péréquation sur les carburants, qui avaient été instaurés au profit du butane, allaient être supprimées cette fin d’année. Le manque à gagner, qui est environ de 1 milliard de DH, sera pris en charge par le budget général de l’Etat.
En fait, nous explique la même source, toute la structure des prix des carburants allait être supprimée.
Mercredi soir, le ministre des Affaires générales Mohamed Louafa, réunissait les sociétés de distribution de pétrole opérant au Maroc et leur confirmait ces différentes annonces: le gouvernement a en effet l’intention de supprimer la structure des prix des carburants pour les rendre complètement libres. En d’autres termes, pas de fixation des marges; chaque distributeur fixe sa propre marge. Les prix ne seront plus encadrés.
C'est une révolution qui s'annonce dans le secteur. Cett elibération totale des prix aura pour effet une très forte concurrence dans le secteur et exercera de fortes pressions sur les marges. Des concentrations sont à prévoir.
L’échéance souhaitée par le gouvernement est bien le 1er janvier 2015.
Au cours de la même réunion, le ministre s’est engagé à apurer tous les arriérés de l’Etat à l’égard des pétroliers, au plus tard fin février prochain.
Les opérateurs ont accepté l’idée de libéralisation à laquelle ils s’attendaient un peu. Mais ils ont expliqué que la libéralisation est un processus qui doit être maîtrisé; il doit être progressif. Le représentant d’une multinationale a cité l’exemple de la France où la libéralisation a pris plusieurs années.
Les difficultés que pose une libéralisation sont d’ordre juridique, technique et financier. Par exemple, les contrats en cours, pour fournir l’Etat, des entreprises de grande taille ou encore les gérants des stations services.
Le ministre a affirmé que le gouvernement est prêt à soutenir les efforts d’investissements. Les deux parties ont convenu de refaire un point d’ici la fin du mois de novembre. M. Louafa a accepté l’idée que la libéralisation ne peut intervenir dans un délai très court.
A qui profitera une libération des prix? La libération des prix est une tendance internationale. La question se pose au niveau des autres sous-thèmes évoqués et qui ont rappelé étrangement aux présents, le discours d’un opérateur particulier, qui allie raffinage et distribution, la Samir.