Sur Renault et PSA, Emmanuel Macron met les points sur les i
En déplacement à Oran pour l’inauguration d’une usine Renault, le ministre français de l’Economie a répondu au Front national qui a qualifié son déplacement de "provocation indécente". Pour M. Macron, Mme Le Pen "ne connait pas l’entreprise".
Emmanuel Macron a profité lundi 10 novembre de la réaction de Marine Le Pen pour l’accuser « de ne pas connaître l’entreprise » avant de souligner qu’au contraire, « l’ouverture de cette usine est une bonne nouvelle pour la France ».
Outre le fait qu’auparavant Renault livrait le marché algérien à partir de la Turquie et de la Roumanie, et donc non à partir de la France, 40% des pièces entrant dans la fabrication des Renault Symbol viennent de France.
L’usine Renault d’Oran doit produire 25.000 voitures/an avant d’atteindre le chiffre de 75.000 en 2019, soit la capacité de l’actuelle Somaca à Casablanca.
Marine Le Pen « dit des âneries »
Ce débat n’est pas sans intérêt pour les Marocains et les échanges économiques maroco-français puisque une polémique identique avait surgi il y a deux ans lors du lancement de la deuxième ligne de production de l’usine Renault Tanger-Méditerranée.
Dans le cas de Tanger, le Front national et Hervé Mariton de l’UMP s’étaient montrés très critiques vis-à-vis de l’investissement marocain de Renault. Cette fois-ci, signe de l’évolution des mentalités de certains politiques français, seule Marine Le Pen a parlé de « provocation ». Pour M. Macron toutefois, Marine Le Pen « dit des âneries ».
En déplacement à Oran, Emmanuel Macron n’a pas manqué non plus d’apporter des éclaircissements au sujet du développement des activités de recherche de PSA au Maroc, réalisées par Altran. « Il s’agit d’activités auparavant réalisées en Asie et désormais transférées à Casablanca » a-t-il précisé.
Il n’est pas inintéressant de noter qu’outre le déplacement de plusieurs productions textiles d’Asie vers le Maroc de groupes comme Inditex (Zara, Massimo Dutti, Pull & Bear, …) et l’arrivée des premiers investissements chinois et indiens importants au Maroc, ce sont désormais des activités d’ingénierie que les firmes multinationales déplacent d’Asie vers le Maroc.
« Installer de la production pour profiter de la croissance »
La réaction du ministre français de l’Economie a également concerné le futur des relations économiques entre la France et le Maghreb. « On ne peut plus être présent dans les pays émergents comme au XXème siècle » a-t-il rappelé. « Il faut installer de la production si l’on veut profiter de la croissance de ces pays. La relation économique, ce ne sont plus juste des exportations » a-t-il indiqué au quotidien Le Monde.
Tenir ce discours réaliste, moderne et respectueux des partenaires étrangers devient minoritaire en France. La classe politique française, fortement décrédibilisée, est tétanisée par les chiffres du chômage qui augmente sans arrêt et par les arguments xénophobes du Front national.
Il est vrai que ce dernier a remporté d’importants succès aux dernières élections municipales et européennes au printemps 2014. Marine Le Pen est créditée selon certains sondages d’une place au second tour des élections présidentielles françaises de 2017. « Présidente en 2017 ? » s’interroge à sa une l’hebdomadaire L’Express de cette semaine pour ajouter : « Pourquoi le pire est possible ». Raison de plus pour ne pas laisser dire toutes les « âneries ».