Le programme de pompage solaire accuse près d’un an de retard
Faute de financements, le lancement du programme marocain de pompage solaire tarde à se concrétiser, au grand dam des agriculteurs. Afin d’y remédier, les ministres concernés vont bientôt se réunir.
Les agriculteurs marocains sont de plus en plus nombreux à se plaindre du retard qu’accuse le programme de pompage solaire, lancé par Aziz Akhannouch lors du Salon international de l’agriculture du Maroc 2013 et dont l’entrée en application était prévue fin 2013.
Fruit d’un partenariat entre le ministère de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement, le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime, l’Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (Aderee) et le Crédit agricole du Maroc, le projet consiste à accorder des subventions aux agriculteurs afin qu’ils s’équipent en pompes à eau fonctionnant à l’électricité produite à partir de panneaux solaires photovoltaïques, que ce soit dans un forage ou dans un puits.
La subvention peut aller jusqu’à 50%du coût de l’installation dans la limite de 75.000 DH. Toutefois, l’installation d’un système d’irrigation au goutte-à-goutte et l’obtention d’une attestation d’approbation préalable délivrée par les services compétents du ministère sont à la charge de l’agriculteur.
La mise en application de ce projet nécessite une enveloppe de 400 MDH qui sera distribuée à travers le Fonds de développement agricole (FDA). Outre les subventions, l’enveloppe permettra aussi à l’Aderee de lancer des campagnes de communication et de sensibilisation à l’utilisation du pompage solaire auprès des agriculteurs.
Seul hic, le programme du pompage solaire n’a toujours pas démarré, faute de financements.
« Cette subvention s’ajoutera au package des matériaux subventionnés par le ministère de l’Agriculture par le biais du Fond de développement agricole. Techniquement, le projet est prêt. Le problème qui se pose est d’ordre économique », souligne une source autorisée au sein du ministère de l’Agriculture.
Le programme suscite de grandes attentesdans la mesure où il permettra de faire des économies d’énergie et de protéger davantage l’environnement. « Les agricultures utilisent généralement un système de pompage à base de gaz, ce qui est risqué et présente des impacts négatifs sur l'environnement. Le remplacement du gaz par des plaques solaires permettra non seulement d’y remédier, mais aussi d’améliorer le rendement et la production agricoles et de faire des économies sur la subvention de la Caisse de compensation au gaz butane », ajoute notre source.
Afin d’accélérer son application, l’Aderee a récemment sollicité le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) via le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), pour obtenir un don de 2,6 M de dollars.
Une source autorisée au sein du ministère de l’Energie nous confie que Aziz Akhannouch, Abdelkader Amara et Mohamed Boussaïd, respectivement ministre de l’Agriculture et de la pêche maritime, ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de l'environnement et ministre de l’Economie et des finances se réuniront prochainement pour trancher. La date sera fixée dans les prochains jours.
Selon l’Aderee, le secteur agricole représente environ 13% de la consommation énergétique nationale, concentrée principalement aux niveaux des équipements d’irrigation, des tracteurs et moteurs, des séchoirs et des bâtiments d’élevage.