Grèves et réorganisation à l’Anam : le DG s’explique
La nouvelle organisation de l’Anam engagée par le DG Jilali Hazim nommé il y a un an suscite des remous au sein de l’agence. Au menu : départ de salariés, mutations, entrave aux libertés syndicales et harcèlement sexuel.
Depuis 2 mois, l’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam) vit au rythme des grèves organisées par les fonctionnaires syndicalisés.
« Ils ont utilisé tous les moyens possibles et imaginables pour entraver le fonctionnement de l’agence, allant jusqu’à envoyer des questions écrites au parlement, distribuer des tracts dans les locaux dans lesquels siège l’Anam et d’autres sociétés privées. J’ai même été bloqué à plusieurs reprises par les grévistes dans le couloir de l’agence. Ils ont également mobilisé les associations des droits de l’Homme et la presse écrite pour parvenir à leurs fins » a déclaré Jilali Hazim, le directeur général, au cours d’un entretien téléphonique donné à Médias 24.
Les litiges entre la direction et des salariés portent en réalité sur plusieurs dossiers à l’heure où la nouvelle direction de l’Anam a pris des mesures importantes en faveur du développement et de l’avenir de l’agence.
Nommé à la tête de l’Anam, Jilali Hazim a entrepris une série de remaniements au sein de la structure. Bien que nécessaire, cette réorganisation interne a suscité des réactions d’indignation des cadres et employés de l’agence.
Quatre postes sont au cœur de la tension. Il s’agit, pour commencer, de la direction générale, occupée par Jilali Hazim depuis octobre 2013 : « il était primordial que les instances décisionnelles de l’agence changent afin de donner un nouveau souffle à la structure, d’autant plus que l’Anam devait et doit toujours accompagner de grands chantiers de réformes nécessaires et urgents ».
Et d’ajouter : « dès notre arrivée, nous avons entamé un plan d’action, qui comprend des engagements chiffrés et des objectifs précis, et il était nécessaire que toutes les composantes de la structure œuvrent pour sa réalisation, et il est normal de procéder à des changements quand les compétences manquent à certains postes. »
La chasse à l’incompétence est lancée !
Aussitôt dit, aussitôt fait ! En effet, les deux autres fonctions qui font actuellement l’objet de litiges, à savoir les divisions du conventionnement et celle du budget ont subi des évictions nécessaires d’après la direction de l’agence, nous confie Maria Starallah, chargée de la communication auprès de l’Anam.
« La chef de division des conventionnements avait pour mission d’organiser des travaux préparatifs. Chose qui n’a pas été faite. Elle avait en plus été fustigée par son supérieur hiérarchique qui avait dressé un rapport accablant sur son laxisme ! »
L’affaire ne s’arrête pas là. Après avoir été démise de ses responsabilités, et mutée à un poste rattaché à la direction, l’intéressée a déposé une plainte contre le directeur pourharcèlement sexuel. Jilali Hazim s’en défend « il est très regrettable d’en arriver à vouloir souiller la réputation des gens d’autant plus que depuis que je suis à la tête de l’agence, on s’est très rarement croisés. »
Le deuxième poste qui concerne la division d’administration et du budget a également fait l’objet d’un remaniement. A ce propos, Mme Starallah nous confie que « malgré la validation du budget en mars 2014, la responsable n’a lancé la procédure d’appels d’offre qu’en août. C’est un retard qui impacte négativement le fonctionnement de l’agence, et qui retarde l’atteinte des objectifs fixés. » Jilali Hazim ajoute, en plus, qu’ « un rapport d’audit a été réalisé, et il a montré que tous les appels d’offre de l’année 2013 ont été annulés ! »
L’Anam accusée d’entrave aux libertés syndicales
Par ailleurs, les fonctionnaires grévistes accusent la direction générale d’entraver les libertés syndicales. Mme Starallah constate de son côté que « la direction a, à maintes reprises, tenté d’ouvrir le dialogue avec le bureau syndical, mais ce dernier est resté fermé à la discussion. » et M. Hazim de compléter : « j’ai été moi-même syndicaliste. C’est dire que j’ai beaucoup de respect pour le travail syndical. L’entrave aux libertés syndicales est une accusation infondée. »
Les œuvres sociales dans le collimateur
Au niveau procédural, plusieurs dysfonctionnements dans la gestion financière ont été révélés dans un rapport d’audit concernant le pôle des œuvres sociales. Ce document prouve qu’il existe des anomalies dans les écritures comptables des livres de l’association. Les erreurs les plus importantes concernent la distribution de fonds soumis à l’impôt sur le revenu, et l’engagement de dépenses sans lien avec l’intérêt ou l’objet de l’association.
« La Cour des comptes a été saisie » nous informe M. Hazim. « Nous attendons un deuxième rapport d’audit qui montrera avec précision la nature et l’ampleur des anomalies. » Pour l’heure, l’Anam a suspendu sa collaboration avec le bureau de l’association, et invite les fonctionnaires à organiser une nouvelle assemblée générale afin d’élire les membres du nouveau bureau.