Retraites. Les principaux syndicats rejettent l’avis du CESE
Exclusif. Jeudi 30 octobre, le CESE a rendu son avis concernant la réforme de la retraite, après une réunion animée. Si les syndicats approuvent certains points, ils en contestent d'autres, et estiment que le dossier des retraites devra (re)passer par la case dialogue social.
"L'avis du CESE était d'ordre technique, administratif, mais pas social", a déclaré Larbi Habchi, numéro deux de la FDT à Médias24, exprimant sa déception de l'avis rendu par le conseil hier dans l'après-midi.
Mohamed Alaoui, membre du bureau national de l'UMT et président de la commission des affaires, de la formation, de l’emploi et des politiques sectorielles au CESE, raconte que "tous les syndicats et les représentants de la société civile, ainsi que quelques représentants du privé, ont voté contre le projet de loi du gouvernement, à l'exception notable de l'UNTM", centrale syndicale proche du PJD, présidée par Mohamed Yatim.
"L'avis du CESE comporte quelques points positifs, mais il ne nous satisfait pas", a déclaré Mohamed Alaoui, avant d'expliquer que les deux principaux points de désaccord sont "le montant des pensions, qui doit être revu à la hausse, et l'âge de départ à la retraite, qui ne doit pas être imposé".
Alaoui a, également, précisé que les exigences des syndicats sont "la réforme globale des systèmes de retraite, afin d’œuvrer pour la construction d'une pôle public, et le rapprochement des régimes de retraites".
"L'avis du CESE doit constituer un background pour les négociations avec le gouvernement au sujet des retraites. Les syndicats sont ouverts au dialogue," a-t-il conclu.
Ali Lotfi, secrétaire général de l'ODT, partage la même opinion. "On considère que l'avis du CESE est très avancé, comparé au projet de loi du gouvernement".
Il estime que "certaines propositions du conseil sont acceptables, comme celle d'établir 63 ans comme âge de départ à la retraite, et laisser aux employés la liberté de choisir de partir à la retraite à 65 ans. Ces deux points étaient "revendiqués par les syndicats, lors du dialogue social avec l'ancien gouvernement".
En revanche, Ali Lotfi estime que la question du calcul des pensions "est une ligne rouge. Un calcul sur la base des 8 dernières années risque de réduire le montant des pensions de 25%. Nous défendons l'idée des pensions calculées sur le dernier salaire".
Larbi Habchi comme Ali Lotfi estiment que "l'avis du CESE n'engage ni le gouvernement ni les syndicats. Il s'agit d'un avis consultatif. Il est nécessaire de relancer le dialogue social, afin d'arriver à un accord".