Listes électorales: pas de boycott des travaux de la commission de l'Intérieur
Lors d'une réunion de la commission de l'Intérieur et des collectivités territoriales, les députés de l'opposition se sont retirés, et ont décidé de tenir une réunion pour décider du boycott ou de la poursuite de leurs activités au sein de la commission.
La réunion a été plutôt houleuse mercredi 22 octobre au Parlement. La cause du différend ? Le projet de loi sur la révision des listes électorales.
Les élus des partis de l'opposition n'ont pas toléré que ce projet de loi soit étudié avant la proposition de loi de l'Istiqlal et de l'USFP, portant sur l'observation des élections. La proposition de loi des deux partis ayant été déposée avant le projet de loi du gouvernement, le règlement intérieur du Parlement impose de la traiter en priorité.
Seulement, "le projet de loi sur la révision des listes électorales comporte des deadlines", nous informe Omar Sentissi, président istiqlalien de la commission de l'Intérieur.
D'où l'urgence, pour la majorité, de l'amender et de l'adopter au plus tôt. Cette dernière a donc priorisé les discussions sur le projet de loi, au grand dam de l'opposition qui a signalé l'infraction, et s'est retirée des travaux de la commission.
En revanche, nul boycott pour le moment: "il ne s'agit que d'un gel des activités de l'opposition dans la commission, pour l'instant. Il y aura une rencontre réunissant les représentants de l'opposition lundi, durant laquelle ils décideront de la marche à suivre", clarifie Omar Sentissi.
Aziz El Karmate, député PJD et membre de la commission de l'Intérieur, voit dans cet acte "une fuite en avant de l'opposition". Contacté par Médias 24, il a expliqué que l'article 128 du règlement intérieur du Parlement, imposant de traiter les projets et propositions de lois suivant la date de déposition, n'est valable que pour les textes de lois traitant d'un même sujet.
"Or, le projet de loi du gouvernement porte sur le renouvellement des listes électorales. La proposition de loi de l'opposition, elle, concerne l'observation des élections", a-t-il déclaré, poursuivant que "si on suit cette logique, nous prioriserons des projets et propositions de lois déposées bien avant".
Il ajoute que "suite à l'intervention de l'équipe de l'Istiqlal, nous avons accepté que leur proposition de loi soit discutée durant la séance. Néanmoins, ils ont demandé qu'il y ait discussion générale, puis discussion détaillée de la proposition de loi, ce qui ne peut pas se faire durant une seule séance", la tradition voulant que chacune de ces discussions se déroule durant une séance.