La nouvelle équation atlantique discutée à Marrakech
“Les tumultes au Moyen-Orient ou le «pivot vers l’Asie des Etats-Unis n’enlèvent en rien de leur intérêt stratégique aux relations entre les deux rives de l’Atlantique“. C’est en substance le message se voulant rassurant pour les alliés des USA que le German Marshall Fund (GMF) essaiera de faire passer à Marrakech ce week-end.
Américains et Européens, mais également Américains et Marocains, sont liés par d’importants accords économiques et commerciaux, ainsi que des liens militaires et de sécurité.
Les hôtes du GMF et de l’OCP Policy Center, think tank de l’OCP, échangent durant 48 heures sur «la nouvelle équation atlantique,les défis des zones de chaos (Libye, Centrafrique et Guinée-Bissau) en Afrique et la sécurité sanitaire à la lumière des épidémies du Sida et du virus Ebola.
Une séance de géopolitique comparative sera consacrée aux dynamiques, côté atlantique et côté pacifique, de partenariat économique et de politique sécuritaire.
A l’origine, le GMF est un think tank américain fondé aux débuts de la guerre froide pour réfléchir et développer les relations entre Washington et les capitales de l’Europe de l’Ouest. Sa vocation a évolué au fil des changements internationaux de ces 50 dernières années mais sa ligne reste «le renforcement des relations transatlantiques».
Ainsi cette année, pendant la séance d’ouverture, l’ambassadeur du Brésil à Rabat a été invité de manière impromptue à briefer la salle sur «le nouveau visage du Brésil et les enjeux de l’élection présidentielle» qui s’y déroule ce dimanche.
Interventions et échanges se déroulent pendant des sessions ouvertes aux invités, au public et à la presse. D’autres sont strictement limitées à quelques experts triés sur le volet.
Selon John Yearwood du Miami Herald et maître de cérémonie de cette conférence de Marrakech, “le GMF a voulu à partir de cette année sortir des échanges confinés aux Etats-Unis et à l’Europe de Bruxelles“.
Yearwood parlant de l’initiative Power Africa lancé par Obama en août dernier à Washington a rappelé une réunion du GMF tenue il y a trois ans Washington. A cette occasion, le patron de l’OCP Mostafa Terrab avait projeté une carte de l’Afrique by night … mais très peu éclairée. «C’est le défi que nous devons relever» avait lancé Terrab à ses interlocuteurs américains.
Cette édition des Atlantic Dialogues est notamment placée sous la bannière des relations maroco-américaines a rappelé la présidente du GMF Karen Donfried et “l’importance grandissante des Etats de l’Atlantique Sud dans les relations internationales“ du Maroc, au Brésil, en passant par le Nigéria ou l’Afrique du Sud.
Au cours de ces dialogues de Marrakech des responsables marocains de premier rang sont attendus : Le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy, Le diplomate Youssef Amrani aujourd’hui au cabinet royal, l’ancien ministre des finances aujourd’hui président du CESE Nizar Baraka, l’ancienne ministre de l’énergie et des mines, actuelle directrice générale de l’ONHYM Amina Benkhadra.
Pour le directeur exécutif de l’OCP Policy Center Karim El Aynaoui, “il s’agit, à travers le partenariat entre l’OCP et le GMF, de créer des synergies, une convergence des Etats de la région atlantique sud vers l’Atlantique Nord“.
Les interventions de personnalités aussi diverses que Youssef Amrani (Maroc), Jorge Castaneda (Mexique-USA), OlusegunObasanjo (Nigéria), Ana Palacio (Espagne), Miguel Angel Moratinos (Espagne) et Laura Chinchilla (Costa Rica), Amine Mounir Alaoui (Maroc) et Jean-David Lavitte (France) sont programmés ce vendredi 24 octobre.
L’ensemble des conférences est retransmis en live streaming tout au long du week-end, www.atlanticdialogues.org